Louis le Galoup tome 5, par Jean-Luc Marcastel

Marcastel Jean-Luc Louis le Galoup 5

L’ombre recouvre Tolosa…
Derrière les murs de la ville rousse, le noir Vicomte s’apprête à épouser Dame Stéphanie pour s’approprier ses pouvoirs, et noyer Occitània dans ses ténèbres… A jamais.
Entre lui et ses sinistres desseins ne se dresse plus qu’une ombre hirsute et sauvage, lancé à la rescousse d’une petite sorcière rouquine.
Mais sous les cendres de la résignation, les braises de la liberté couvent encore…
Il est l’heure, une fois de plus, de se rassembler au creux enfumé de l’âtre, pour une dernière veillée.
Ce soir, je vous révélerai le secret redoutable de Tolosa… et le choix de Louis, entre ombre et lumière, pelage blanc ou pelage noir.

Vous vous souviendrez peut-être (et si tel n’est pas le cas, je vous invite à rafraîchir votre mémoire ici) que j’avais eu un beau coup de cœur pour le quatrième tome de la saga Louis le Galoup.

Voilà un moment que l’envie de lire le cinquième et dernier livre, le dénouement, me tenait entre ses griffes. J’ai pourtant résisté, bravement. Plusieurs mois ! Faut dire que j’étais salement partagée. Entre l’envie de lire, de connaître enfin cette fin, et celle au contraire de repousser le mystère, de me laisser rêver un peu plus longtemps à mes personnages. Je peux difficilement dire mes personnages préférés – il y en aurait tellement ! Et pourtant je me sens, au moins un tout petit peu, propriétaire d’eux. C’est vrai : je me les suis représentés pendant des semaines et des semaines, à imaginer tous les dénouements possibles et inimaginables – en vain. Jamais je ne me suis rapprochée de la vérité imaginée par Monsieur Marcastel.

Ce livre est une débauche de beaux moments. Des combats à foison – vraiment à foison, très très très souvent. Des tendres sentiments. Du courage à tout instant. Et ces personnages. Et tout cela décrit avec cette écriture ! Je vous ai déjà parlé de l’écriture de Maistre Marcastel, mais juste pour le plaisir, j’en rajoute une couche : c’est une plume gouleyante, chantournée, contournée. Pleines de couleurs vives et brillantes, elle vous en met plein la vue, les oreilles et le nez, vous donne l’impression d’être perdu en plein païs occitan tout en vous rendant chaque personnage bien réel et terriblement attachant.

Ce livre n’est ni plus ni moins qu’un long et incroyable de dénouement. Un livre entier de combats pour la liberté de tout le Royaume et de tous les protagonistes que l’on chérit depuis le premier tome. C’est un débordement d’action et de bagarres, entrecoupées de moments de tendresse. Il faut dire que Monsieur Marcastel n’a pas son pareil pour décrire les sentiments, avec la plume qu’il a !

Que vous dire de plus sur ce livre ? Que c’est une digne fin ? Que c’est une vraie fin ? Qu’elle met le point final à une histoire dont les personnages continueront longtemps à me manquer ? Tout cela à la fois. Heureusement, Monsieur Marcastel a écrit d’autres livres…

En bref : un coup de cœur, une fin magnifique pour une saga qui l’est tout autant. Une lecture qui m’aura marquée pour son écriture hors du commun, ses senteurs occitanes et ses personnages incroyablement touchants et réels.

Deux citations, juste pour le plaisir :

Le discours d’encouragement de maître Lebreton aux combattants pour la liberté :
« Cette ombre-là n’est rien, comparée à celle qu’étendra le Vicomte sur Occitània… C’est la nuit qui vient, la longue nuit, la nuit de l’espoir. Entre elle et les nôtres, il n’y a que nous, maintenant, en ce lieu, à cette heure ! »

Le Séverin touché par Cupidon :
Le coup de foudre, on en parle à tort et à travers. Ils sont légion, à en abuser, dans toutes les histoires, de ces départs de romance en feu de broussailles. On finirait par ne plus y croire, et ce serait là bien grande misère.
Séverin, lui, n’y croyait pas plus que ça, à ces fables où de belles dames vous ravissent le cœur des chevaliers d’un seul battement de paupières. Des filles, il en avait bien chaviré quelques-unes, à Mandailles, avant même Roseline. Un baiser par-ci, quelques mains qui s’égarent par-là. De bien agréables moments, dans les senteurs de foin, de fleurs sauvages ou d’humus… Mais jamais assez pour lui ravir le cœur.
L’amour, celui que les troubadours chantaient, à vous émouvoir les plus grincheux des grigous, à attendrir jusqu’aux pierres, il ne l’avait jamais connu. Il l’avait parfois deviné et reconnu chez les autres : Dame Saniya et Maistre Lebreton, ou, plus proche encore, Louis et Margot. Mais lui ne l’avait jamais ressenti, cet incendie de tout le corps pour un seul et même être, ce désir de ne plus respirer que pour lui, de le serrer à n’en faire plus qu’un, de se nourrir à sa seule vue, comme plante du soleil.
Fidèle à sa nature, sans jalousie aucune, mais à regret, il s’était résolu à ne jamais le connaître. Il aimerait peut-être, mais raisonnablement, sans excès ni démesure.
Mais là, tout soudain, alors que ce petit prodige de délicatesse et de peau dorée comme les murs de Tolosa s’extirpait de l’ombre, il sut qu’il s’était trompé.
Etait-ce un coup de foudre ? Il n’en savait fichtre rien, Séverin. Pour tout dire, ce n’était pas la foudre, qui le parcourait de la tête aux pieds, mais quelque chose de moins brutal, de plus durable et de plus chaud… La certitude que, quoi qu’il puisse advenir, que sa vie soit courte ou longue, rien ne le bouleverserait autant que cette vision.
C’était… La conviction qu’au seuil de sa mort, pour tout bagage dans l’au-delà il emporterait cet instant-là, où il l’avait vu « Elle », pour la première fois.

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