Les Joyaux Noirs tome 1, par Anne Bishop

Bishop Anne La Trilogie des joyaux noirs 1

Il y a sept cents ans, une Veuve Noire a vu une prophétie prendre vie dans sa toile de songes. Désormais, le Sombre Royaume se prépare à l’arrivée de sa Reine, la sorcière qui détiendra un pouvoir plus grand que celui du Sire d’Enfer lui-même. Mais celle-ci est encore jeune, influençable et vulnérable face à ceux qui voudraient la pervertir. Or, quiconque la tient sous sa coupe contrôle la Ténèbre. Trois hommes, des ennemis jurés, le savent. Et ils connaissent la puissance que recèlent les yeux bleus de cette enfant innocente.

Ainsi commence un impitoyable jeu d’intrigues, de magie et de trahisons, dans lequel la haine et l’amour sont les armes… et dont le trophée est bien plus redoutable que tous l’imaginent.

Nous voici lâchés au cœur d’un monde foisonnant, perdus, malmenés par tous ces personnages au comportement incroyablement violent. Les points de vue s’enchainent de manière confuse, nous transportant tour à tour aux quatre coins d’un continent à la géographie mystérieuse.

Petit à petit, on réussit à comprendre certains enjeux, on se familiarise avec certains personnages. Mais tout ceci reste incroyablement déroutant. L’histoire des joyaux, l’asservissement des mâles, le fonctionnement de la magie et de la société restent fort mystérieux.

Je dois dire que je ne m’attendais pas à tout cela. Et pourtant, j’aurais dû, j’avais déjà lu les deux premiers tomes de la saga Meg Corbyn, par le même auteur. Mais Les Joyaux noirs va encore plus loin dans l’anticonformisme et la souffrance des personnages. Ce qui m’a choquée, avant tout, c’est la place du sexe dans l’histoire. Je ne m’attendais pas à un contexte aussi sensuel, et surtout, je ne m’attendais pas à ce que les relations sexuelles soient utilisées de manière aussi cruelle, comme une arme de destruction et d’asservissement.

Ceci étant posé, vous serez peu surpris d’apprendre que les personnages sont tous plus sombres et torturés les uns que les autres. La vie ne les épargne pas, ils sont obligés de se battre pour leur survie, d’enterrer au plus profond d’eux-mêmes leurs émotions et leur fierté. Le devoir avant tout, mais un devoir qui reste bien mystérieux, au terme de ce premier livre.

Malgré tout le dépaysement dans lequel ce roman plonge le lecteur, Madame Anne Bishop réussit à prendre son lecteur au piège. On reste totalement absorbé par les épreuves traversées par les personnages, on commence à prier pour que de nouvelles difficultés leurs soient épargnées, sans effet. On les admire pour leur force, certes, mais on ressent aussi énormément de compassion et de pitié pour eux.

En bref : c’est une lecture déroutante mais prenante. Le monde et les personnages sont presque aussi mystérieux à la fin qu’au début. Cela n’a fait que renforcer mon envie de lire le tome suivant, pour le caractère iconoclaste des inventions de l’auteur, loin de tous les canons de la fantasy.

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