La Meute du phénix, tome 7 par Suzanne Wright

Franchement, si cette saga n’avait pas été au menu du baby challenge bit-lit, je n’aurai probablement jamais lu cet avant-dernier opus.

C’est mauvais… Mais mauvais… bon pour la défense du livre, je pense qu’on est en présence de l’exemple par excellence du texte desservi par sa traduction. Les dialogues sonnent faux, artificiel. Les vulgarités apparaissent beaucoup plus choquantes en français qu’en anglais, et il y a de ces mots qui reviennent trop souvent et finissent par être ridicule (ici, le mot « intimité » dans les scènes de sexe a été à deux doigts de me faire perdre mon sang-froid).

Les personnages apparaissent assez similaires à ceux que l’on a rencontré au cours des tomes précédents. Ils ont TOUS, sans exception, des problèmes relationnels avec leurs parents. Ç’en devient lassant, à croire que l’autrice n’a pas d’autre idée pour créer des obstacles à une relation amoureuse que cette explication freudienne.

Je demeure également peu convaincue par l’intrigue générale de cette saga, celle qui est censée évoluer avec chaque tome. Ici, la guerre annoncée depuis une petite dizaines de bouquins (je compte la saga La meute de Mercure dans le même panier) n’est mentionnée qu’en passant. La perspective du conflit ne connaît aucune évolution dans ce tome, qui apparaît de ce fait comme un coup d’épée dans l’eau.

En bref : j’ai coché une case du baby challenge bit-lit. C’est la seule chose positive que je puisse dire de cette lecture…

NB : les critiques vigoureuses de la présente chronique peuvent probablement être imputée à ma colère contre moi-même. Je m’en veux de m’être laissée prendre en piège d’une lecture d’aussi piètre qualité. Mais cela ne doit pas m’empêcher d’admettre avec lucidité que malgré toutes mes rodomontades, le livre tient la route. Il a indubitablement demandé beaucoup de travail à beaucoup de personnes: autrice, éditeurs, traductrice, etc. Mais… j’ai la même impression qu’avec certaines séries Netflix: être en présence d’un produit de consommation, qui reproduit des recettes qui marchent sans réel apport artistique ou intellectuel.

Edit : tiens j’ai oublié de faire passer le test de Bechdel à ce livre. Je sais pas pourquoi, mais je sens que ç’aurait été un échec cuisant, étant donné que les personnages ne font que penser à leurs histoires de c**, heu pardon, de cœur!