La Liste des mes envies, par Grégoire Delacourt

Voilà plusieurs années que ce livre sommeille paisiblement dans ma PAL numérique. Soir de coup de mou, envie d’une lecture contemporaine qui me sortirait de mon quotidien : l’occasion idéale d’exhumer ce volume (métaphysique).

La Liste de mes envies raconte l’histoire d’une modeste mercière de petite ville de province. Jocelyne vit tranquillement avec son mari. Ses deux grands enfants ont quitté le nid, et le couple gagne juste assez pour mener leur vie sereinement, avec trois semaines de vacances annuelles. Un rite !

Pourtant malgré cette existence qui la satisfait pleinement, Jo ne peut empêcher la roue de tourner. Des évènements surviennent et petit à petit viennent faire dérailler ce train-train morne mais si rassurant.

Sous cet extérieur paisible, un monde bouillonne. Jocelyne est aussi une femme qui a perdu un bébé mort-né. Qui a dû faire face à l’hostilité de son conjoint, lequel lui a toujours reproché ce drame. Jocelyne doit en plus composer avec les rêves de grandeur dudit mari, qui ne sait pas apprécier les petites choses de la vie et le bonheur tranquille.

Tout n’est donc pas si rose, et je ne m’attendais pas à cette pointe de noirceur et d’amertume. C’est néanmoins très bien amené, le lecteur suit avec intérêt le cheminement intérieur du personnage principal. La plume délicate suggère la profondeur des sentiments, et on s’attache énormément à Jo, à son approche quelque peu dilettante de la vie, à son bonheur placide fait d’acceptation et de renoncement.

La fin du roman m’a bouleversée par sa noirceur. Vraiment, jusqu’aux dernières lignes, j’ai espéré un dénouement heureux qui n’est jamais arrivé.

En bref : une bonne lecture pour un moment de détente, avec une histoire forte et un personnage principal attachant. La plume est belle et agréable à suivre. Avertissement cependant : pointe de cafard attendue avec la conclusion de l’intrigue.