Pourquoi c’est si compliqué l’amour ? par Philippe Brenot

Rien n’est plus compliqué que la vie à deux. L’amour ne suffit pas et notre bonne volonté se heurte rapidement à d’importantes différences entre les sexes. Pour comprendre les différences homme-femme, il faut observer nos plus proches cousins, les primates. À l‘origine il n’y avait ni couple ni famille, ni domination d’un sexe sur l’autre, ni violence. Mais de nombreuses évolutions ont eu lieu depuis la préhistoire. Pendant une très longue période, bien que mariés, l’homme et la femme passaient l’essentiel de leurs journées entre femmes ou entre hommes. Le couple moderne est une invention récente. Pour la première fois, nous nous retrouvons à deux, seuls, face à face. Or tout nous distingue sans que nous le sachions : les codes, le langage, l’accès à la sexualité, marqués par des millénaires d’évolution. D’où d’innombrables malentendus entre homme et femme. Après avoir accompagné des milliers de couples, Philippe Brenot nous donne les clés pour décoder l’autre et le comprendre. Ce livre propose des solutions, des exercices et surtout, la loi des 5 temps de l’amour qui permet d’améliorer le climat amoureux et de créer une intimité harmonieuse.

Voilà un livre qui a été une véritable illumination pour moi. Rassurez-vous, nous sommes à mille lieux des idioties du mémorable Les hommes viennent de mars et les femmes de vénus, de l’illustre John Gray. Non, ici nous avons des observations nuancées, appuyées par des observations anthropologiques surprenantes. Autant vous prévenir : on va vous parler de la sexualité des grands primates. Et la comparer à la nôtre. Préparez-vous à découvrir votre part animale !

Au-delà de ces parallèles surprenants, le livre réussit à expliquer des choses qui jusqu’ici me laissaient perplexe. Apprendre que mes sous-entendus, qui participent pleinement de mon mode d’expression, ne sont tout simplement pas entendus, et encore moins compris de mon entourage masculin a été une révélation. Encore mieux : l’auteur accompagne ses observations, étayées par nombre d’ouvrages spécialisés, de conseils, tant à destination des hommes que des femmes. Aux hommes d’apprendre à prêter davantage attention. Aux femmes de pardonner lorsqu’elles ne sont pas entendues alors qu’elles pensaient s’être exprimées – et d’essayer dans la mesure du possible d’éviter le mode de communication qui leur paraît le plus évident : les sous-entendus. Comme le dit le Dr. Brenot, nous n’avons tout simplement pas le même « logiciel », il est normal que ce soit « compliqué ». Côté appréciable de l’essai : ces différences sont attribuées pour partie à la domination patriarcal, et non par exemple à une plus grande « sensibilité/douceur » innée de la femme. L’auteur ne s’aventure pas à chiffrer la part de culture et la part de nature, et c’est certainement une retenue de bon aloi.

En bref : du grain à moudre pour mes méninges, un essai qui se lit rapidement et donne des éléments intéressants, même si tout ne m’a pas paru bon à prendre. Le défi est ensuite de répercuter certaines de ces idées auprès des hommes de notre entourage. Si vous trouvez une technique, je suis preneuse !

« On a tellement parlé de « moitiés » que chacun est certain que ce compagnon, cette compagne de tous les jours est évidemment un homologue de soi, un identique, tant les aspirations et les pulsions se ressemblent, particulièrement au début de l’union. Les différences – surtout lorsqu’elles sont insupportables, voire inacceptables – sont alors interprétées comme venant de la personnalité de ce conjoint dont les comportements sont incompréhensibles. » (p.74) Divulgâchage : l’auteur s’attache à démontrer que certaines de ces différences peuvent être attribuées au genre…