American Gods, par Neil Gaiman

Gaiman Neil American Gods

Shadow est un détenu modèle. Il garde la tête baissée, il purge sa peine sans un mot plus haut que l’autre, gardant ses distances avec les ennuis. Il ne rêve que d’une chose: sortir de prison, reprendre sa vie aux côtés de la femme qui l’aime et qui l’attend à la maison.
Mais le jour de sa sortie, il apprend que l’amour de sa vie est décédée dans un accident de la route. Lorsque l’inquiétant Wednesday lui propose un travail, il commence par refuser. Son instinct lui dicte d’éviter cet énergumène menaçant qui a le don d’apparaître et de le suivre même lorsque ça devrait être impossible.

J’ai beaucoup apprécié ce début. Shadow est un homme réservé, fondamentalement bon. Il aime tendrement sa femme et s’efforce de bien se comporter vis à vis de son prochain. Ces caractéristiques ont suffi à me le rendre immensément sympathique en quelques pages.

Le mystère s’installe rapidement, de manière assez subtile… Ce sont des pressentiments mal définis, des coïncidences étranges et inexplicables. Le problème, c’est qu’à force de finesse et d’insinuation, le fantastique se dilue et perd beaucoup de son intérêt. Le roman dure des centaines de pages pendant lesquelles les choses s’installent avec une lenteur extrêmement pesante. Dès les premières lignes, les personnages annoncent une tempête, un conflit entre les dieux anciens et les nouveaux, nés de la technologie. Pourtant il faudra quelques 600 pages dans mon édition pour cette guerre éclate enfin.

J’ai apprécié cet aspect, parce que j’ai lu rapidement ce roman; moins d’une semaine pour ses quelques 750 pages. C’est fouillé, les personnages sont travaillés. Mais je peux reconnaître qu’en l’absence de réel suspense, tout cela paraît long et lent. Pendant notre Lecture Commune, beaucoup ont réellement été rebutés par cet aspect du livre.

Il y a quand même une chose que j’ai appréciée sans réserve dans ce roman : sa peinture des Etats-Unis, un lieu où tous sont privés de leurs racines – immigrants comme indigènes. J’ai été sidérée par l’amertume dégagée par ce livre. Tous les protagonistes décrivent la mélancolie profonde qu’engendre cette absence, et leur douleur est poignante. J’ignore si dans la réalité certains des habitants du pays ressentent de telles choses, quelque part au fond d’eux-même. Ce que je peux vous dire, c’est que la description m’a prise aux tripes et m’a énormément touchée.

En bref : un livre plein de qualités, dont j’ai apprécié les personnages et l’atmosphère. Un peu trop lent pour moi, cela dit…

Lu dans le cadre d’une lecture commune sur Livraddict, je vous invite à aller lire les chroniques des collègues :
Yuko
Melody Pond
Noemaus
Luis
Silenia

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