Maigret et l’affaire Nahour, de Georges Simenon

Simenon Georges Maigret et l'affaire Nahour

En pleine nuit, le docteur Pardon fait appel à son ami Maigret : un inconnu vient de lui amener une jeune femme légèrement blessée par une balle et lui a demandé de la soigner.

Le matin, Félix Nahour est découvert assassiné dans son hôtel particulier. Maigret découvre que la femme soignée par Pardon est Lina, l’épouse de Nahour.

Mon premier Maigret, et malheureusement pas une grande réussite.

Monsieur Simenon nous plonge pourtant dans une atmosphère soigneusement travaillée, un Paris étouffé par la neige et le froid… Mais un vieux Paris, un Paris des années 70 dépouillé de tout pittoresque. Maigret est un flic d’une autre époque, occupé à astiquer le zinc entre deux interrogatoires. Un Maigret qui se déplace de façon poussive – on peut presque le voir marcher à pas lent, déplaçant son gros poids soigneusement pour ne pas glisser sur la neige. On peut aussi se le figurer en train de fumer pensivement en attendant que les pièces de l’enquête se mettent en place d’elles-mêmes. Passer le temps en attendant le coup de fil qui lui donnera des éléments déterminants…

C’est ce mélange de lenteur et de vieillesse, une représentation de la police et des intrigues policières dépassée qui m’a déçue. On présente Georges Simenon comme un grand maître des policiers, avec un personnage indétrônable… Et pourtant tout dans ce livre est terriblement vieillot. Pire encore, comme cela ne se veut pas vieux (ça l’est réellement), ça ne crée même pas d’atmosphère dépaysante. Cela a juste mal vieilli.

Malgré tout, il ne faut pas jeter le bébé avec l’eau du bain. La plume de Monsieur Simenon est d’une précision incroyable, très fluide et agréable à lire tout en étant travaillée. La présentation de la police et de la justice, bien que datée, est plus exacte que toutes les séries policières à la mord-moi-le-nœud qu’on voit à la télévision [1]. L’enquête trouve une conclusion parfaite, juste assez amère pour laisser le lecteur pensif.

En bref : le livre m’a laissé l’impression d’avoir mal vieilli, et pour cette raison je suis déçue. En revanche, je suis heureuse d’avoir découvert l’auteur et son personnage, parce que je leur reconnais pas mal de mérites, malgré leur caractère vieillot.

[1] Dernière en date, La Mante avec Carole Bouquet. Je sais pas ce qu’ils lui veulent au préfet, mais visiblement il les obsède vu que c’est à lui qu’ils vont demander l’autorisation pour tout et n’importe quoi. S’il-vous-plaît, ouvrez au moins un Code pénal, avant d’inventer une histoire comme ça…

Publicités