Les Pierres elfiques de Shannara, par Terry Brooks

Entamé en lecture commune avec Aslein que je remercie beaucoup de sa patience – la pauvre a dû m’attendre avant de se résigner à finir le roman sans moi !

Une fois n’est pas coutume, je vais écrire quelques lignes sur un livre que j’ai abandonné…

J’ai renoncé après avoir pris sur moi pour ignorer mon irritation grandissante à l’encontre de l’auteur et de ses personnages. Le premier tome n’était déjà pas, à mes yeux, une grande réussite. J’ai voulu lui accorder une nouvelle chance – après tout, j’ai quinze des bouquins de M. Brooks dans ma bibliothèque qui attendent le temps d’être lus. Aslein m’a donné la motivation de me lancer. Hélas, ce premier mouvement d’enthousiasme n’a pas fait long feu.

J’avais pourtant des raisons d’espérer : contrairement au premier tome, exclusivement masculin, une protagoniste était annoncée, une jeune Elfe prénommée Amberle. Malheureusement j’ai vite déchanté. Dès que l’on commence à parler d’elle, au lieu d’être présentée comme un personnage actif appelée à prendre part à la quête, c’est une demoiselle en détresse à sauver et potentiel intérêt romantique du véritable héro – un jeune homme bien sous tous rapports. Toutes les occasions de donner à Amberle du relief explosent comme un pétard mouillé – en tout cas dans les 200 pages très denses que je me suis échinée à lire. Elles étaient pourtant nombreuses, ces occasions. La jeune Elfe aurait pu être l’héroïne au centre de l’histoire car elle est indispensable à la quête. Ses motivations auraient pu être courageuses, mais elle n’était animée que d’une forme aiguë du syndrome de l’impostrice.

Passons, j’ai bavé assez de bile sur cette pauvre Amberle, c’est au tour du vieux sage, le mystérieux Allanon. Dans ma chronique sur le premier tome, je l’avais comparé à Gandalf. Mais c’est faire insulte au magicien gris ! Allanon n’est qu’un archétype fait verbe. Il n’a aucune personnalité, il reste mystérieux d’un bout à l’autre des 925 pages écrites par M. Brooks que j’ai lues. Alors que l’adoré Mythrandir dévoile son amour pour les gens simples de la Comté, s’ingénie à amuser les enfants par des feux d’artifices – ce qui lui confère un autre rôle que conseiller mystérieux et élément déclencheur de quête, Allanon ne dévoile aucun intérêt personnel pour quoi que ce soit. Il ne rit pas, il ne mange pas, ne boit pas, ne dort pas. Il arrive à point nommé pour faire un tour de magie et sauver les autres protagonistes (il ne faut pas se demander comment, vous croyiez vraiment qu’on allait vous donner des explications sensées?) Posez pas trop de questions, on vous dit.

Je vais arrêter là ma diatribe acerbe sans vous parler du vrai personnage principal, Wil Ohmsford. De toute façon, il n’y a pas grand-chose à en dire, hormis qu’il s’agit d’une Mary Sue au masculin.

En bref : M. Brooks a écrit de nombreux livres, dont la majorité figure dans ma bibliothèque et qui ont de toute évidence eu un grand succès. Je ne partage pas cet enthousiasme et ne me risquerai plus à l’irritation causée par tous les défauts ci-dessus détaillés.

Si quelqu’un voulait récupérer l’intégralité de ces bouquins en version originale, qu’il ou elle n’hésite pas à se signaler. Je serais immensément reconnaissante à quiconque accepterait de libérer ma bibliothèque de ce qui n’est, pour moi, qu’un encombrement inutile. Mes excuses à MJ qui m’avait généreusement offert ces livres (pour libérer sa propre bibliothèque, faut pas croire que c’était totalement désintéressé).