Les Mondes d’Aldebaran, par Léo

 

Il y a quelques semaines, j’avais parlé dans l’un de mes bilans hebdomadaires de l’auteur-dessinateur Léo. Il s’agissait purement et simplement d’une profession de foi en sa faveur, une entrée officielle dans mon panthéon personnel.

J’étais également au bord de la crise de nerfs, car il me manquait plusieurs BD pour pouvoir enfin achever la série « Les Mondes d’Aldebaran »… Abandonnée par ma bibliothèque bien-aimée sur un cliff-hanger intolérable, j’étais près d’être précipitée dans le vide par un suspense in-sou-te-nable. Bref, vous l’aurez compris, cette série BD est la seule qui m’ait jamais tenue en haleine d’un tome à l’autre.

Les Mondes d’Aldébaran raconte l’histoire de la jeune Kim, habitante de la première colonie établie par la Terre sur une autre planète. Elle doit faire face aux dérives d’un système de colonisation, à d’étranges créatures inquiétantes qui manipulent sa vie sans qu’elle ait voix au chapitre, à des explorations de planètes bien plus dangereuses qu’on ne veut lui faire croire…

Au détour des tomes, Léo aborde des thèmes tels que la lutte contre le fanatisme et la place des femmes dans la société. C’est fait tout en finesse, sans prosélytisme outrancier, et j’avoue que c’est un des aspects qui m’ont bien plus : la science-fiction nous divertit, mais fait également passer un message.

En effet, l’auteur veut d’abord nous raconter une histoire et développer des personnages. Les péripéties sont nombreuses, le danger toujours présent. Les situations s’enchainent, plus catastrophiques les unes que les autres. Pourtant Léo réussit la performance de rendre le tout cohérent, d’en faire une histoire avec une progression et un but.

Autre point génial : les dessins. Je suis rapidement tombée amoureuse du trait de crayon de Monsieur Léo. Tout en rondeur, ses planches hautes au couleur dépeignent des panoramas exotiques, des plantes et animaux toujours plus dépaysant. Il faut aussi mentionner que les personnages finissent régulièrement à poil. Il y a encore peu, je n’avais rien contre ce fait. Il faut dire qu’ils sont tous super bien fichus, et qu’ils ne sont pas désagréables à regarder. Mais sur la discussion consacrée à la saga, Taliesin a fait remarquer que c’étaient surtout les femmes qui étaient montrées, et je n’ai pu qu’en convenir. Du coup je suis un peu plus mitigée. C’est vrai que le passage à nu est incontournable pour toutes les BD, mais les personnages sont tellement à l’aise dans leur nudité que ce n’est à aucun moment choquant ou gênant pour le lecteur.

Non, une chose qui m’a bien plus ennuyée, c’est la propension de ces messieurs à tomber comme des mouches pour la belle et compétente Kim… La goutte d’eau est arrivée avec le docteur Amos Blum, qui est pourtant un homme intelligent.

En bref : hormis quelques détails, j’ai passé d’excellents moments avec chacune de ces BD, et je m’en souviendrai longtemps. La fin du dernier volet de la saga, Antarès, a des allures d’apothéose si bien que je ne regrette pas un seul instant d’avoir persisté dans ma lecture, qui a été un régal de bout en bout. 

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