Sœurs sorcières, par Jessica Spotswood

Spotswood Jessica Les Sœurs sorcières 1

La vie n’est jamais simple. Surtout lorsqu’en plus d’être une femme, on est aussi une sorcière. Surtout lorsqu’on est une jeune sorcière de 16 ans, en charge de deux petites sœurs qui le sont également, dans un monde où la Fraternité impose sa loi. Une loi on ne peut plus claire : les femmes sont faibles et corrompues, elles doivent obéir à leur père ou leur mari de la manière la plus absolue. Et surtout, surtout, ne jamais sortir du rang, sous peine d’être accusée de sorcellerie sur le plus léger prétexte…

Dans ce contexte trouble, Cate tente de naviguer pour ne pas attirer l’attention, pour protéger son secret et celui de ses sœurs.

J’ai moi-même écrit le résumé parce que je n’aimais vraiment pas celui proposé par la quatrième de couverture, trop quelconque alors que ce roman mérite bien mieux.

Le début n’est pourtant pas des plus auspicieux : Cate passe beaucoup de temps à gémir sur son sort. Sa situation est certes difficile, mais je préfère largement lorsque mes héroïnes font preuve d’ironie mordante face à l’adversité… Allez voir ce que je dis de Naomie, vous comprendrez.

Malgré cet agacement grandissant, j’ai poursuivi ma lecture. Admirez l’abnégation. Il faut dire, pour la défense de ce roman, que l’atmosphère est tout de même pas mal… Une petite ville de province étouffante à souhait. Une Fraternité toute puissante qui vous donne le frisson, rien qu’à la mentionner. Des arrestations régulières de jeunes innocentes, condamnées à l’asile (ce qui constitue un sort pire que la mort, d’après les rares qui en sont revenues). Et la pression sociale, toujours, de se comporter correctement, de ne jamais sortir de l’ordinaire, de respecter les règles. D’être une bonne petite fille bien docile, et sans un pois chiche dans le cerveau, si possible.

Tout ce contexte réussit à rattraper la pauvre Cate, qui ne brille guère par son caractère bien trop anxieux. J’ai davantage apprécié ses petites sœurs un peu plus vives et hautes en couleur. J’espère qu’on continuera à les suivre dans les tomes suivants.

Car il faut le dire : ce premier livre était très, très riche en rebondissements. Bien que j’ai deviné dans les 50 premières pages que je n’échapperais pas à l’inévitable triangle amoureux, j’ai beaucoup aimé chacun des virages de l’intrigue. Ils m’ont tous surpris (hormis ce malheureux détail sentimental, qui heureusement n’était pas trop présent). A cause de ce suspense abondant, des promesses de découvertes magiques qu’on peut entretenir à l’issue de ce roman, je lirai sans aucun doute le suivant.

En bref : j’ai passé un bon moment, Les Sœurs sorcières est un roman agréable à lire avec son atmosphère chargée, ses mystères, son intrigue très riche. Gros point noir pour le personnage principal et le fugace mais ennuyeux triangle amoureux.

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