Louis le Galoup tome 3, de Jean-Luc Marcastel

Marcastel Jean-Luc Louis Le Galoup 3

Les mâchoires du piège ont claqué à vide. Louis et ses compagnons, avec l’aide de leurs nouveaux alliés, ont échappé de peu à Malemort et au Siblaire, les noirs barons du Vicomte de Marsac. Mais on ne peut fuir indéfiniment. Il est temps pour Louis, s’il veut sauver ses amis et le royaume, de découvrir les secrets de ses origines, d’accepter sa double nature et de dompter sa bête intérieure. Pour cela, il doit quitter Séverin et la Roussotte et se rendre, seul, dans une vallée sauvage où, austères et revêches, se dressent les ruines des Tours de Merle. En ce lieu oublié, il espère trouver Lionel de Roquevieille, l’ami de son père qui, peut-être, pourra lui apprendre à maîtriser son don. Mais ce maître galoup, au pelage aussi noir que blanc, n’aime guère les visiteurs…

Un excellent tome de plus à ajouter au palmarès de Monsieur Marcastel. Malheureusement toujours aussi court, je reste un peu sur ma faim…

J’ai néanmoins énormément apprécié retrouver le personnage de Louis, et assister à son apprentissage aux côtés de Lionel de Roquevieille. La relation qui se noue entre eux est très touchante, bien que son développement soit trop rapide pour être crédible – reproche qu’on peut faire à tous les liens unissant les personnages de cette série.

Comme toujours avec les livres de Jean-Luc Marcastel, mention spéciale pour l’écriture, toujours aussi magnifique et incroyablement gouleyante.

En bref : un tome très agréable, de beaux moments de lecture, et j’ai hâte de lire le tome suivant.

Mes avis sur les tome 1 et tome 2

Chasseuse de vampires tome 5, de Nalini Singh

Singh Nalini El gremio de los cazadores 5

Nouveau couple dans la saga : c’est au tour du mystérieux Jason de s’éprendre… Sur qui se portera son choix ? Sur la plus improbable des femelles, la douce princesse Mahiya, une charmante écervelée vivant à la Cour de Neha. Enfin, c’est ainsi que la puissante archange présente sa nièce. Evidemment, Jason se rend bien vite compte que ce portrait n’est pas tout à fait fidèle…

Et j’ai adoré la vraie Mahiya. Elevée depuis le berceau par sa tante cruelle qui la hait profondément, elle n’est qu’un instrument servant à punir l’infidélité de son père, Eris. Eris, qui a trompé sa compagne Neha avec la propre jumelle de la puissante archange, Nevriti. Une histoire de famille bien tordue… Retenue prisonnière, sous la menace constante d’une mort lente et douloureuse, Mahiya a dû apprendre à dissimuler pour survivre à la Cour de sa terrible tante.

Malgré toutes ces épreuves, elle s’efforce de préserver sa fraîcheur et son optimisme. Elle se refuse à tomber dans la haine et l’amertume, décidée à se battre pour un jour, vivre libre et heureuse. La meilleure revanche à prendre sur sa famille… Une fois de plus, je le dis : j’ai tout simplement adoré ce personnage. Je me suis retrouvée dans cette vision volontairement positive de la vie et de ses embûches. Même si tout va mal, les choses finiront par s’arranger. Il suffit de survivre et de préserver sa santé mentale jusque-là.

Jason est un contrepoint intéressant. Même à la fin du livre, il reste mystérieux, avare en paroles. Puissant et aimant, il forme un beau couple avec Mahiya, même si à mon grand regret son point de vue sur la relation est très peu développé, ce qui renforce son côté distant.

Point négatif de ce tome : l’intrigue principale. J’ai assez accroché à la première partie, cette ambiance soupçonneuse et horrifiée face aux meurtres sanglants qui secouent la Cour de Neha. En revanche, au détour d’une phrase au milieu du livre, j’ai deviné l’élément principal du dénouement… Du coup la fin a singulièrement manqué d’intérêt à mes yeux…

Hormis cela, mention spéciale pour la description des décors orientaux, depuis l’architecture (inspirée de lieux réels en Inde, d’après la note de l’auteur en fin de livre) jusqu’aux costumes, tout est fait avec un art consommé qui ne donne qu’une envie : découvrir ce pays ! La richesse des descriptions des textiles m’a particulièrement plu.

En bref : un bon tome de la série, même s’il ne décroche pas la mention coup de cœur à cause d’une petite prévisibilité de l’intrigue. J’ai beaucoup aimé les personnages et l’atmosphère de ce livre.

Psi-Changeling tome 8, par Nalini Singh

singh-nalini-psi-changeling-8

Avertissement : ceci est une chronique issue d’une relecture.
Cela signifie :
  1. Que j’ai assez aimé ce livre pour le relire, plusieurs fois ;
  2. Que je suis plus sévère, parce qu’en raison de ces multiples 
    relectures, j’ai eu beaucoup d’occasions de m’attarder sur 
    ce qui me plaisait le moins.

Sophia Russo est Justice-Psi. Son don est sa malédiction : elle peut revivre les souvenirs sanglants de criminels dérangés. Lorsqu’elle se retrouve à faire équipe avec Max Shannon, un flic humain, sur une affaire de meurtres, elle sent son conditionnement faiblir. Des émotions interdites se frayent un chemin dans son esprit saturé de perversions qui ne sont pas les siennes. Dans ces conditions, céder à son attirance pour cet homme signifierait accepter les ténèbres. Celles qui l’exhortent à faire justice elle-même et à devenir juge… et bourreau.

Un tome que j’attendais avec délectation, puisqu’il traitait du monde judiciaire et que c’est un sujet pour lequel j’ai un intérêt tout particulier – déformation professionnelle, je l’admets. Malheureusement, le bref aperçu qui nous est donné ici du système juridique du monde psi-changeling relève des clichés les plus populistes et bien-pensant.

Les criminels sont tous d’horribles monstres (des violeurs assassins qui n’adorent rien tant que torturer d’innocentes jeunes filles), et les avocats qui les défendent, des pourris qui ne valent guère mieux. La police fait tout son possible pour mettre les criminels derrière les barreaux, malgré lesdits juristes qui leur mettent des bâtons dans les roues, et malgré les jurys crédules. Franchement, c’est d’une terrible naïveté et partialité qui me navrent.

Il faut ajouter l’incompatibilité de l’usage des pouvoirs J-Psi tels que décris par Mme Singh avec la conception la plus élémentaire des droits de l’homme. L’un des principes les mieux assis des droits de la défense est en effet le droit de ne pas s’auto-incriminer[1].

Au-delà de ces aspects techniques, la romance est touchante, les deux personnages sont attachants. J’ai beaucoup aimé l’histoire de Max, ce flic qu’on n’avait fait que croiser dans les tomes précédents. J’ai aussi apprécié cette volonté qu’avait Sophia de se battre jusqu’au bout pour préserver son identité, malgré le peu de choix qui s’offre à elle.

L’histoire fait battre le cœur, le suspense est bien présent, et l’intrigue principale, qui trace un fil conducteur à travers tous les tomes de la saga, continue de se développer.

En bref : un bon tome malgré les détails qui font grincer les dents de la juriste que je suis. Les personnages permettent d’aborder le monde des psis et changelings sous un angle inédit qui n’est pas inintéressant.

[1] A titre d’exemple, il est rappelé « que le droit de garder le silence et le droit de ne pas s’incriminer soi-même sont des normes internationales généralement reconnues qui sont au cœur de la notion de procès équitable » au §37 de l’arrêt Schmid-Laffer c/ Suisse 16/06/15 rendu par la 2e section, req n°. 41269/08 de la Cour Européenne des Droits de l’Homme (CrEDH).

Les Haut Conteurs tome 1, d’Oliver Peru et Patrick Mc Spare

Peru Oliver La voix des rois 1

1190, Tewkesburry, royaume d’Angleterre. A treize ans, Roland ne rêve que de voyages, de chevalerie et d’aventures. Seulement ses parents ont besoin de lui pour tenir l’auberge familiale. Il ne connaît le monde que par les gens de passage, et son compagnon de tous les instants, l’ennui, semble bien décidé à lui gâcher l’existence.

La venue d’un Haut-Conteur au village va tout changer. Le prestigieux chasseur d’histoires et d’énigmes enquête sur les mystères de la forêt de Dean et sur les goules qui s’y cachent. Il ne craint pas les croque-cadavres et s’enfonce seul dans les ténèbres, nuit après nuit… mais un matin, il ne revient pas.

L’histoire a-t-elle mangé celui qui aurait dû la raconter ? C’est ce que va tâcher de découvrir Roland…

Olivier Peru est un auteur pour lequel j’ai le plus grand respect et admiration, sentiments nés de ma lecture de ses romans Druide et Martyrs. Patrick Mc Spare m’a malheureusement moins convaincue avec Les Héritiers de l’Aube.

Mais la blogosphère s’est tellement répandue en éloges dithyrambiques sur cette nouvelle saga que je ne pouvais pas passer à côté. Enfin, « nouvelle », disons « nouvelle » pour moi, puisque le premier tome est sorti en 2010, et que la série en compte cinq.

Le livre nous présente son personnage principal, Roland, fils de tavernier, jeune garçon qui rêve d’aventures malgré l’avenir tout droit tracé qui se présente à lui. J’ai beaucoup apprécié son caractère volontaire malgré sa touche de naïveté. Roland prend des décisions et s’y tient, en s’efforçant d’agir au mieux.

Je reste quelque peu dubitative sur la relation qu’il noue avec Mathilde, maîtresse Haut-Conteuse. Celle-ci accepte sur le champ de le prendre comme apprenti, et j’ai trouvé que cette relation se développait trop vite, alors que rien n’indiquait que Mathilde ait eu pour projet de prendre un élève. Cette rapidité contribue à donner un caractère « jeunesse » à ce livre et je le déplore. D’autre part, l’attitude sarcastique de Mathilde vis-à-vis du jeune garçon paraît particulièrement peu pédagogue.

J’étais également très, très curieuse de savoir ce que l’on dirait de la voix, dans ce livre. C’est un domaine qui m’intéresse énormément puisque je suis moi-même apprenti-chanteuse. Au premier abord j’ai été un peu déçue : les descriptions à ce sujet étaient très superficielles. Mais après réflexion, je me dis que la chose n’est pas trop mal menée. On pourrait chipoter sur les considérations de technique vocale – quiconque soutient que la voix vient exclusivement de la gorge, ou même des cordes vocales a tout faux. Mais les auteurs ne se risquent pas sur ce terrain, si bien que j’aurais du mal à leur jeter la pierre. Ce que je trouve extrêmement intéressant en revanche, c’est l’idée de cette voix de roi propre à influencer les foules, faire fuir les ennemis… Bref en un mot : l’utilisation de la voix comme arme. J’espère en apprendre plus à ce sujet dans les tomes suivants, que je lirai sans faute.

Il faut aussi que je vous dise un mot de l’enquête en elle-même, pleine de mystères et sans temps mort. Elle est particulièrement réussie puisque le secret révélé à l’issue du roman a été pour moi une énorme surprise. Et enfin, il est nécessaire d’ajouter à cette intrigue menée de main de maître une atmosphère très travaillée qui vous donne le frisson à plus d’une reprise. Cela instaure une ambiance mystérieuse et terrifiante et confère à ce monde médiéval une originalité propre. Les descriptions des lieux ésotériques et du manuscrit qui est l’enjeu de la Quête des Haut-Conteurs font toute la saveur de ce roman.

En bref : un premier tome très réussi, avec un personnage principal attachant et les bases d’un monde très prometteur. Je lirai avec grand intérêt le tome suivant !

Psi-Changeling tome 10, de Nalini Singh

Je vous un culte à Nalini Singh. Après ma reprise de découverte de sa seconde saga, Chasseuse de Vampires, j’ai succombé à une petite « maniasingh », et j’ai voulu me replonger dans certains de ses livres que j’ai préférés… Ou le moins relus… Ou dont la dernière (re)lecture remontait à bien longtemps.

Bref, aujourd’hui je vous présente une chronique du tome 10 de Psy Changeling, l’une des sagas les plus génialissimes de tous les temps passés présents et à venir. Et croyez-moi, j’ai des C-Psy dans mon arbre généalogique.

Singh Nalini Psy Changeling 10

Voilà un couple qui se voyait venir… Un couple que j’ai attendu avec impatience de se voir former, presque depuis les débuts de la saga !

Sienna, jeune psy cardinale aux dons mortifères et mystérieux, versus Hawke, mâle hypra-dominant et alpha de la meute la plus puissante des États-Unis. Des étincelles en perspective !

Je dois avouer que cette romance tant attendue m’a un peu déçue. Elle a été moins spectaculaire que je ne l’espérais. Je l’ai pensé à ma première lecture, et j’en suis encore convaincue aujourd’hui.

Mais cela reste du Nalini Singh, un livre d’une qualité à toute épreuve. La force des sentiments de deux personnages rend le tout bien pimenté, même si on n’assiste pas au feu d’artifice anticipé. Il y a du suspense, on découvre les secrets des deux protagonistes. C’est d’autant plus intéressant que contrairement à certains autres tomes de la saga (les tomes 7 et 8, par exemple), ce sont des personnages qui ont été à la marge de toutes les aventures précédentes, dont le rôle, bien que secondaire dans les aventures en question, était crucial à l’échelle de la série.

Mais ce qui rend ce livre génial, et capital pour l’ensemble de la saga, ce sont les éléments de l’intrigue principale qui trouvent ici leur résolution. La bataille pour laquelle la ville de San Francisco se prépare depuis plusieurs livres maintenant trouve ici son apogée. Ça donne de l’action, encore plus que dans d’autres épisodes de la série, du fait de la généralisation des combats. Tous y prennent part, tous y trouvent leur écot de gloire et de souffrance. L’équilibre de la face du monde, ce monde que Nalini Singh nous décrit depuis 10 tomes, des centaines de pages et des heures de lecture merveilleuse, s’en trouve complètement bouleversé.

C’est un pivot pour la saga, mais ce n’est pas une apogée. L’histoire continue son développement dans les tomes suivants. Je peux même vous dire que les choses vont crescendo !

En bref : un coup de cœur renouvelé pour la énième fois, une ixième déclaration d’admiration et de respect éternel pour Mme Singh ! Je suis assez claire ? Filez lire ce livre !

NB : la saga compte à l’heure actuelle 15 tomes, tous plus géniaux les uns que les autres. Je vous jure, allez les lire !

Chasseuse de vampires tome 4, de Nalini Singh

Singh Nalini El gremio de los cazadores 4

Un jeune vampire décapité présentant un tatouage sur la joue, voilà normalement une affaire pour la Guilde. Sauf que Dmitri, le second de Raphael, a décidé en son absence de se charger de l’enquête. Et bien entendu, c’est moi, Honor, chasseuse spécialiste des langues anciennes, qui ai été envoyée pour donner un coup de main.

Qui aurait cru que notre collaboration réveillerait des souvenirs enfouis depuis des siècles ?

Mais avant de découvrir ce qui nous lie, nous avons une énigme à résoudre, et pas de moindres…

Ainsi que je l’ai longuement expliqué ici, j’ai été assez déçue par le troisième tome de la saga « Chasseuse de vampires ». J’étais donc soulagée du changement de personnages annoncé dans ce livre, et très curieuse de voir ce qui se cachait sous le masque séducteur et sans pitié de Dmitri.

Réponse ? Un homme qui pense avec son entre-jambe (comme la plupart des personnages de ce type de romances paranormales), effectivement impitoyable, et au passé tourmenté. Le second personnage principal est son pendant féminin, un protagoniste empli de courage et de volonté.

Cela donne un mélange détonnant, très agréable à lire. Je n’ai pas encore retrouvé le niveau d’addiction que j’ai connu avec d’autres romans de Nalini Singh, mais on s’en rapproche respectablement.

Ce n’est pas encore parfait : je trouve que la place laissée à l’enquête est bien trop secondaire par rapport à la relation des deux personnages. On a même l’impression qu’ils passent plus de temps à s’apprivoiser l’un l’autre qu’à chercher leur tueur de vampires…

En bref : un quatrième tome qui se rapproche du niveau espéré de l’un de mes auteurs préférés… Une lecture très agréable et qui laisse présager de bonnes choses du livre suivant. Les personnages principaux sont attachants, et leur histoire pleine de péripéties…

Chasseuse de vampires tome 3, de Nalini Singh

Singh Nalini El gremio de los cazadores 3

Après les mésaventures de Pékin et une longue convalescence, me voici enfin prête à regagner Manhattan en compagnie de mon Archange. Mais les éléments se déchaînent aux quatre coins du monde, provoquant des désastres sans précédent qui font trembler le Cadre. Si l’on en croit la légende, il semble qu’un Ancien se réveille, et croyez-moi, ça n’augure rien de bon !

Déception pour ce troisième tome. Il semblait pourtant que rien ne pouvait ternir mon enthousiasme après ma lecture des deux premier tome (le 1 ici et le 2 ). Malheureusement, il s’avère que si.

Le couple Elena/Rafael ne nous apporte rien de nouveau. Ils partagent de beaux moments de tendresse, certes, mais je suis déçue de voir que pour le reste, ils tombent dans le conventionnel. Ce qui fait de Rafael un personnage atypique est relégué au second rang, tandis que tous les éléments susceptibles d’attirer la sympathie sur lui sont mis en exergue. A mes yeux, c’est plutôt un point négatif. Je l’ai trouvé assez peu crédible dans le rôle du pauvre petit garçon perdu.

Elena fait moins les frais de cette volonté d’approfondissement des personnages, puisqu’on découvre qu’il existe encore des zones d’ombre dans les terribles évènements qui ont façonné sa vie.

J’ai trouvé que ce développement de leur relation la faisait tourner en rond, faute de nouveaux éléments. La mise à l’épreuve à laquelle ils font face dans ce tome apparaît en effet peu différente de celle du livre précédent, et il n’y a plus vraiment d’éléments nouveaux sur les anges ou les vampires.

J’ai heureusement appris avec soulagement que le tome suivant racontait l’histoire de Dmitri ; donc celui-ci devrait me donner du grain à moudre ! Je vais tout de même m’accorder une petite pause de lecture dans la série.

En bref : un tome aux couleurs de la déception, mais je ne renonce pas pour autant à la saga, loin de là. J’ai foi en le génie de Nalini Singh.