Le Mage innocent, par Karen Miller

Asher est le dernier enfant d’une famille nombreuse. Très nombreuse. Trop nombreuse pour qu’il puisse se forger un avenir en pêchant le poisson dans son village natal. Animé par l’ambition et l’envie de prendre soin de son vieux père, il part pour la capitale, Dorana.

Dorana ! Ville des magiciens et de tous les possibles pour un jeune Olken décidé à travailler pour réussir. Ville à l’impressionnant mur magique protégeant le pays tout entier de l’inconnu mystérieux.

Ville qu’Asher va apprendre à connaître un peu trop bien lorsque le Prince, rencontré par suite d’un coup du sort, lui confie le poste d’administrateur général du peuple Olken. Le jeune homme se retrouve mêlé aux intrigues politiques et magiques du royaume.

Ce résumé maison est assez représentatif du roman dans son ensemble : beaucoup de description du monde et des personnages, peu d’action.

Le lecteur, voyant partir Asher la bouche en cœur pour la grande ville, est tout prêt à le voir échouer misérablement. Qui croit donc encore au mythe du paysan (enfin du pêcheur en ce cas précis) qui part pour la capitale sans appui, sans argent, et qui réussit à faire fortune ? Mme Karen Miller y croit apparemment dur comme fer, car par un hasard extravaguant, Asher atteint son but et dépasse même ses espérances les plus folles. C’est un enchaînement d’évènements assez peu crédible, mais pourquoi pas. Après tout, nous lisons un livre de fantasy, alors qui sommes-nous pour nous plaindre de vraisemblance ?

Malgré les quelques six cents pages de ce premier roman il se passe au final assez peu de choses. La magie reste plus que mystérieuse. On apprend seulement l’opposition entre la magie Doranen et celle des Olkens, oubliée et interdite. On apprend encore que la magie Doranen, bien qu’autorisée, est entourée de contraintes légales pesantes. Et par-dessus tout, on entend parler à répétition de ce mur doré qui jette ses reflets sur la vie de tout ce monde, qui les protège des aléas météorologiques et d’un Mal mystérieux. Cette atmosphère n’est pas sans rappeler celle des Cavaliers Verts, de Kirsten Britain. Les deux romans traitent en effet le thème de l’exode d’un peuple tout entier pour échapper à un Méchant Maléfique.

Malheureusement, tout cela reste très superficiel et énigmatique, ce qui confère au roman de Mme Karen Miller nombre de longueurs. Heureusement, dans les 50 dernières pages se produit un renversement de situation – abracadabrantesque quoique légèrement prévisible – qui promet quantité d’aventures pour le dernier tome de cette duologie.

En bref : un roman de bonne facture, plaisant à lire quoiqu’un peu long, et qui ne révolutionne aucun canon de la fantasy. Pas franchement indispensable…

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