La Première Inquisitrice, Terry Goodkind

Avant la Première Leçon, il y eut les premiers secrets… Il y a bien longtemps, lorsque les ténèbres régnaient encore sur un monde où la trahison et la traîtrise imposaient leur loi, vint une femme seule, Magda Searus. Une femme qui avait perdu son compagnon et sa raison de vivre. Une femme bannie, dépouillée de ses privilèges, condamnée à affronter seule d’obscures forces à l’affût. Une héroïne au destin légendaire. La Première Inquisitrice.

Ce roman met un peu de temps à démarrer ; les premières pages n’offrent pas de réelle originalité pour qui a lu la saga principale, l’Épée de vérité. On retrouve les caractéristiques des écrits de l’auteur : des discours idéologiques un peu pesants, des personnages qui les récitent de manière convaincue au détour d’un couloir. Le contexte lui-même a déjà été relaté avec pas mal de détails dans l’EDV.

Puis, l’action se met en place. Les protagonistes, malgré leur similitude avec ceux du cycle principal, acquièrent du relief qui leur permet de prendre vie. Le mystère prend de l’ampleur et les scènes à suspense se multiplient.

La magie, toujours aussi fantastique que dans l’EDV, se développe et prend des proportions remarquables, accompagnée d’explications savantes qui ont plus ou moins de sens. Si j’avais beaucoup apprécié cela dans la saga principale, parce que cela créait un système de magie complexe et soigneusement pensé, ici les détails me sont joyeusement passés au-dessus de la tête.

Il faut aussi noter que le mystère de cette préquelle n’en est pas vraiment un ; il suffit d’avoir lu le quatrième tome de l’EDV, Le Temple des vents, pour avoir une idée assez précise du dénouement.

Malgré toutes ces remarques légèrement acrimonieuses, Terry Goodkind réussit à faire naître l’intérêt du lecteur. Ainsi que je l’ai mentionné, passé un certain cap, on oublie tout ce que l’on sait déjà et arrête de faire des rapprochements avec l’EDV. On se laisse prendre au jeu, on découvre avec enthousiasme de nouveaux éléments sur ce qui a amené la situation du début de la saga, 3 000 ans plus tard. Ces informations participent également de l’explication du dénouement du tome 11, L’Ombre d’une inquisitrice (Confessor) et ajoutent beaucoup à ce que l’on sait déjà. Elles rationnalisent la fin, en montrant qu’il ne pouvait y avoir d’autre issue.

En bref : si j’étais toute prête à râler du manque d’originalité et du contenu par trop idéologique de La Première Inquisitrice, j’ai dû revoir à la baisse ma tendance à la grogne. Terry Goodkind signe ici une préquelle très agréable à lire, et que tous les fans de l’EDV adoreront. Elle approfondit encore davantage son monde et ajoute de nouvelles informations croustillantes sur Magda Searus, personnage jusque-là entièrement légendaire.

Pour un aperçu plus précis du contenu de ce livre, je vous invite à consulter cet article, où je cite un court extrait du début du roman.

Terry Goodkind est l’auteur d’un classique de la fantasy, L’Épée de vérité (ou The Sword of Truth, pour ceux qui préfèrent la langue de Shakespeare). Une saga de 11 tomes que j’ai dévorée il y a bientôt 4 ans. Cependant, même après la parution de la fin de la série, Monsieur Goodkind a continué à l’enrichir grâce à des préquelles et des livres suivant le dénouement principal. La Première Inquisitrice (The First Confessor) fait partie de ces livres.

Le mardi sur son 31 #3

Le mardi sur son 31 est un rendez-vous initié par Sophie, sur son blog Les Bavardages de Sophie

Il s’agit de citer un passage de la page 31 du livre que l’on est en train de lire. Une bonne manière de présenter un livre…

Goodkind Terry The First ConfessorCe mardi, je vous présente un extrait du dernier roman de Terry Goodkind. Ses livres et moi-même avons une longue histoire d’amour, bien qu’elle ait un peu fané ces derniers temps. Ici, il s’agit d’une seconde préquelle à la saga principale, L’Épée de Vérité.

Magda Searus vient de perdre son mari, le Premier Sorcier. Dans un monde où la longueur des cheveux des femmes est un marqueur social, les conséquences de cette perte ne se font pas attendre.

“I’m sorry, Magda,” he said, “I truly am. Please believe that this does not change the way we feel about you.”

Magda lifted the length of brown hair and stared at it. The hair didn’t really matter to her. What mattered was being judged by it, or by the lack of it, rather than by what she had made of herself. She knew that without the long hair she would likely no longer have the standing to be heard before the council.

That was just the way it was.

What mattered most to her was that those whose voices she brought before the council would no longer have her voice to speak for them. That meant that there were creatures without an advocate who very well might die out and cease to exist.

That was what having her hair cut short meant to her, that she no longer had the standing needed to help those she had come not merely to respect, but to love. Magda handed the severed hair back over her shoulder to Elder Cadell. “Have it placed where the people will see it so they might know that order has been restored, that tradition and customs endure.”

“As you wish, Lady Searus.”

With her place in the world now corrected, the six council-men finally left her alone to the gloomy room and her bleak thoughts.

Ce passage reflète le reste du roman en ce qu’il montre la manière dont l’auteur défend ses convictions. Il s’agit d’une fantasy d’idée, dont le laïus est que chaque vie est précieuse et digne d’être vécue. Magda Searus, le personnage principal en est la vivante démonstration.

Elle ressemble également à un personnage qui vivra d’ici 3 000 ans dans le cycle principal. Je suis sûre que vous voyez de qui je veux parler, si vous avez lu l’EDV. Sinon, un indice; elle s’habille en blanc et c’est la Mère Inquisitrice (ou Mother Confessor, selon la langue choisie).

Jusqu’ici, j’ai donc rencontré peu de surprises… Normal pour une préquelle, me direz-vous…

La traduction maison, comme d’habitude : Lire la suite « Le mardi sur son 31 #3 »