Valour, de John Gwynne

Gwynne John 2 Valour

Second tome de la saga The Faithful and the Fallen.

Le rythme un peu lent du premier livre n’est plus de mise. Les choses sont bien installées et présentées, place à l’action. De la vraie, qui ne laisse pas le temps de souffler.

Nous avions laissé tous les personnages en bien piètre position, à la fin du premier tome. On les retrouve exactement au même point, sans temps mort. John Gwynne n’abandonne cependant pas ses lecteurs: l’index des personnages fourni au début du livre permet de rafraichir les mémoires courtes.

Corban est en fuite, il accompagne la princesse Edana, dernière survivante de la famille royale d’Ardan. Lui et ses compagnons affrontent de multiples épreuves sur le chemin de ce qu’ils espèrent être un asile. Je me suis beaucoup attachée à lui et à sa petite bande débrouillarde.
Nathair, quant à lui, poursuit sa mission sacrée, et n’hésite pas à s’allier aux personnes les plus douteuses. Il est prêt à tout pour atteindre son but, l’honneur n’est visiblement plus qu’une considération secondaire.
Suivre son avancée du point de vue de Cywenn, sa prisonnière, m’a beaucoup plu, et j’avoue avoir adoré cette tête brûlée. D’autant que le rôle qui lui est confié ici corrige l’un des défauts que j’avais trouvés au premier tome, à savoir le manque de personnage féminin.
Je ne parle ici que d’une fraction de la flopée de protagonistes que l’on retrouve dans ce second livre; il faut aussi compter avec Veradis, Maquin et Gar, mes trois personnages secondaires préférés.

Les complots vont bon train, autour de Corban et Nathair, dont on sent qu’ils joueront un rôle clef dans la lutte entre le bien et le mal.
Les batailles s’enchainent, entrecoupées de fuites et de poursuites. John Gwynne décrit les combats avec talent, et on ne s’y ennuie pas une seconde. Le suspense est haletant, et j’ai laissé trainer ma lecture, surtout dans les deux cents dernières pages, juste pour le plaisir de m’auto-torturer (c’était vraiment de la torture).

D’autant qu’il va falloir que j’attende de pouvoir me procurer le tome suivant, qui vient tout juste de paraître aux Etats Unis. Ça va être long, ça va être très long.

En bref: je termine ce second tome très très enthousiaste, et l’attente du livre suivant va être une torture.

Petite parenthèse pour vous dire que je trouve la couverture tout aussi réussie que celle du livre précédent! L’objet-livre est magnifique…

Mon avis sur le premier tome de la saga.

Le site de l’auteur pour plus de renseignements (en Anglais, tout comme les livres eux-mêmes).

Malice

Gwynne John 1 MaliceOn ne change pas les recettes qui gagnent, en l’occurrence John Gwynne a eu raison! Il manie le genre de la fantasy avec finesse et succès.

Cette histoire est celle de Corban, un jeune garçon attachant mais a priori sans particularités. On suit son évolution de ses 13 ans jusqu’à ses 16 ans, et on assiste à sa formation et son passage à l’âge adulte.

Outre la construction de ce personnage principal, le roman est surtout centré sur la présentation du contexte: celui des Terres bannies, où l’humanité a échoué après le Grand Cataclysme, plus de mille ans auparavant. Une prophétie est sur le point de se réaliser, et les signes mystérieux s’accumulent.

Chacun doit se décider pour un camp, mais comment savoir si l’on est du bon côté? L’échiquier politique est en ébullition, car tous prétendent agir pour le compte d’Elyon, mythologique Dieu créateur. Mais il est difficile de faire la part entre le vrai et le faux, puisque l’un des protagonistes n’est autre que l’envoyé d’Asroth, la déité maléfique qui a trahi Elyon.

Le roman met un peu de temps à démarrer, toutefois ce rythme lent est assez agréable. On sent que l’auteur prend son temps pour poser son cadre et ses personnages. L’effet est réussi: je me suis énormément attachée à tous les protagonistes, et l’ambiance générale, basée sur l’honneur et les prouesses guerrières m’a beaucoup plu.

Le contexte politique confère à ce premier tome un zeste d’action assez prononcé pour me donner grande envie de continuer la série. On doute de tout jusqu’au bout, sans savoir si l’issue probable va se révéler être la bonne.

On voit comment les hommes honorables se retrouvent pris au piège et subissent les conséquences d’un conflit qui les dépasse. C’est à ce détail que l’on devine que l’intrigue ne fera que gagner en puissance dans les tomes suivant.

Seul bémol: l’absence criante de personnages féminins. Je suis un peu déçue sur ce point, car la seule fille est Cywenn, la soeur aînée de Corban, et elle n’est pas très présente.

Encore un petit mot pour parler de la couverture magnifique, qui m’a tout de suite tapé dans l’oeil. Pour ne rien gâcher, ce livre est un très bel objet!

En bref, Malice est une fantasy classique et de bonne facture, très agréable à lire. Ce premier tome m’a grandement donné envie de continuer l’aventure avec Valour. 

NB: Quatre tomes sont prévus. Le troisième, Ruin, vient d’être publié aux Etats-Unis, et l’auteur a achevé la rédaction du dernier manuscrit, Wrath. Pour plus de renseignements, je vous invite à vous rendre sur le site de l’auteur

A ma connaissance, aucune traduction n’est prévue pour l’instant.