Indiana Teller 1, par Sophie Audouin-Mamikonian

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J’ai une longue histoire avec Sophie-Audouin Mamikonian. Je l’ai découverte avec sa saga Tara Duncan il y a un peu moins d’une dizaine d’année, alors que j’étais tout pile dans la tranche d’âge visée par ses romans. Peut-être même déjà un petit poil trop vieille. J’ai été très (bon d’accord, très, très, très) enthousiasmée. Et puis, les années et les tomes passant, je l’étais de moins en moins. J’ai découvert un autre de ses romans, La Couleur de l’âme des anges, dont je garde un excellent souvenir. Mais le « dernier » et douzième opus de la série Tara Duncan m’a tellement déçue (voyez à quel point ici), que je pensais en avoir fini avec Mme Audouin-Mamikonian.

C’était sans compter sur Indiana Teller.

Un jeune ado dégourdi, seul humain d’une famille de loups-garous. Il a du mal à se faire une place dans la meute. Pourtant, en tant que seul héritier de son grand-père, l’alpha, il peut difficilement se dérober. Il doit donc faire face, accepter que tous ceux qui l’entourent soient plus forts, plus rapides que lui… et le voient comme un poulet : inférieur dans la chaîne alimentaire, et vaguement intéressant à condition de bien le cuisiner.

Sa lucidité sur ses faiblesses ainsi que sa manière décomplexée d’en parler lui prêtent une maturité tout à fait bienvenue. Si certaines de ses répliques désopilantes en font le digne petit frère de Tara Duncan, il a bien plus les pieds sur terre. Normal, Tara habite sur Autremonde. Breeef, j’ai beaucoup aimé ce personnage. Il prend les choses en main, fait toujours de son mieux pour arranger la situation et aider ceux qui l’entourent.

La mythologie et la description particulièrement savoureuse de la société des loups-garous m’ont énormément plu. Indiana les décrit avec l’affection d’un membre de la famille, et le recul d’un humain, intrus dans ce monde de créatures fantastiques. Cela donne des piques assez hilarantes et qui valent le détour.

L’intrigue n’est pas originale outre-mesure, mais elle a le mérite d’être efficace. J’ai été tout bonnement prise au piège des quelques 400 pages de cet opus, que j’ai dévoré en une soirée. L’action est bien présente, le mystère aussi, et cela me suffis pour que je me déclare grandement satisfaite.

En bref : un très bon premier tome, avec un personnage principal extrêmement attachant. La plume rieuse et pleine de verve de Sophie Audouin Mamikonian m’a fait passer un excellent moment. Vivement le deuxième tome !

Tara Duncan – tome 12

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Tout est-il perdu ? Tara est épuisée. La puissance de sa terrible magie la met en première ligne pour lutter contre la comète qui tente toujours de dévaster les planètes démons et d’en collecter les âmes.
Lentement, mais sûrement, les sorceliers plient sous les assauts incessants.
Et les choses se compliquent, lorsque la reine des elfes est assassinée dans le Palais de Tingapour. Qui veut empêcher la reine de parler, et pourquoi ?
Sans compter que l’histoire d’amour entre Tara et Cal est suffisamment fragile pour que la jeune femme doute. Robin parviendra-t-il à reconquérir le cœur de la belle héritière ?

Envoyés en mission dans l’espace profond, Tara, le magicgang, mais aussi Archange, Maître Chem, Mourmur Duncan, Mara ou Selenba, vont déterrer un secret enfoui depuis plus de cinq mille ans.
Par une ironie du sort, Tara sera-t-elle sauvée par son pire ennemi Magister ? Ou alors est-ce encore un coup tordu du Sangrave pour dominer l’univers ?

L’ultime combat vient de commencer. Et tous ne survivront pas.

Voilà enfin le dernier tome d’une longue longue saga !

Nous avions laissé Tara en fâcheuse position face à une comète démoniaque. Les démons désemparés l’avaient fuie en transplantant leur planète dans l’univers d’Autremonde, et personne ne sait comment lutter contre elle.

Le livre commence donc sur une scène apocalyptique où Tara doit courir pour sa vie. On retrouve l’humour un peu lourd de l’auteur, à grand renfort de notes de bas de page, dont la correction syntaxique laisse parfois à désirer.

C’est la marque de fabrique de cette saga : un gros brin de folie exprimé dans un registre oral, et plein de gouaille. Ce que j’apprécie, à petite dose. Si j’avais cru déceler une légère amélioration dans le tome précédent, ici on retombe dans l’excès.

Mais le plaisir de voir évoluer les personnages, auxquels je me suis beaucoup attachée tout au long des tomes précédents, compense cette écriture pataude. Même si à mon grand regret, ils n’ont que peu évolué.

L’autre point qui rachète ce tome est l’aventure. Comme d’habitude, les personnages sont confrontés à terrifiant adversaire qu’ils doivent terrasser pour sauver la planète. Ou plutôt les planètes. L’univers de Tara Duncan s’enrichit, et les découvertes de ce tome-ci sont assez plaisantes. Les péripéties se succèdent à un rythme enlevé, ce qui rend la lecture rapide: les pages s’enchainent sans temps mort.

Malheureusement, il manque à mon goût un ingrédient essentiel à ce livre : du relief. Loin d’être une fin fracassante, à la hauteur de l’attente des lecteurs, ce livre m’a paru être une énième histoire sur le même thème, avec les mêmes personnages et la même trame. Malgré le plaisir que j’ai eu à le lire, il s’agit donc d’une déception.

En bref : ce livre m’a terriblement déçue. Malgré tout, il conserve certaines des qualités qui m’ont poussée à poursuivre ma lecture tome après tome : un humour décapant, des personnages très attachants, et un univers très (trop) riche.

Je précise à l’occasion que ce combat n’a rien d’ultime, puisque la saga se poursuivra dans un second cycle, centré sur Caliban dal Salan.

Tara Duncan – tome 10

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AutreMonde est en émoi, l’Impératrice a invité les démons ! Prenant pour prétexte les fiançailles de Tara, qui elle n’a pas l’intention d’épouser qui que ce soit, Lisbeth a proposé la main de sa nièce au magnifique Archange, roi des démons, mais aussi à Maître Chem, le grand dragon bleu. Beau combat en perspective. Sauf que tout ceci n’est sans doute qu’un gigantesque complot, où de mystérieux et insaisissables assassins œuvrent dans l’ombre. Les premières victimes sont Cal et Robin. Cal, qui a déclaré son amour à Tara, et Robin, que cela rend fou. Et que manigance Selenba, la vampyr aux ordres de Magister, qui décide tout à coup de se rendre ? Comme par hasard juste au moment où les démons arrivent ? En route pour Tadix, l’incroyable planète casino, où l’avenir d’AutreMonde va se jouer, Tara se prépare à affronter, seule, sans le magicgang, son destin. Au risque d’y laisser son innocence. Et sa propre vie.

Après mon avis très mitigé sur le tome n°9, j’ai finalement cédé aux insistances de mon frère (une fois n’est pas coutume ; c’est lui qui a servi de cobaye) qui disait : ça vaut le coup de le lire rien que pour la fin…

Moralité, la prochaine fois, je ne l’écouterai pas.

Attention, je vais reconnaître une chose à Madame Audouin-Mamikonian : la dégradation de la qualité de la série semble s’être quelque peu enrayée : peu de fautes de syntaxes ou phrases étranges, pas une seule faute d’orthographe, je dirais que c’est remarquable si ce n’était pas censé être le cas de n’importe quel livre. Mais d’un autre côté, tous ces défauts font partie du style de l’auteur… Ou plutôt devrais-je dire, de sa folie. Malheureusement, elle est donc restée assez sage dans ce tome, et je trouve que du même coup il a perdu ce qui faisait l’attrait des autres : une histoire déjantée, des situations loufoques, des personnages complètement timbrés…

Contrairement aux livres précédents, j’ai refusé d’acheter celui-ci à sa sortie en voyant résumé et couverture si semblables aux précédents… Indignée, j’ai pensé que l’auteur ferait mieux d’arrêter tout bonnement son histoire si elle en a assez. Et après l’avoir lu grâce à ma bibliothèque préférée, mon premier sentiment s’en être trouvé renforcé. Si j’ai passé un agréable moment en retrouvant des personnages que je côtoie depuis des années, je n’ai pas retrouvé l’engouement des premiers tomes.

Pourtant, cet affrontement entre deux prétendants promettait d’être intéressant. La planète casino promise en quatrième de couverture est complètement survolée. La fin tant louée par mon frérot se résume à « ce qu’on était en droit d’attendre depuis le premier tome »…

Pour conclure, je dis à regret que Tara a perdu son attrait, son esprit… Mais par sentimentalisme, je finirai la saga (il ne reste plus que deux tomes, à présent ; j’ai fait le plus gros !).