Les Héritiers de l’Aube, de Patrick Mc Spare

Mc Spare Patrick Les Héritiers de l'aube 1

Arrachés à leurs époques respectives, de jeunes gens aux pouvoirs occultes latents cherchent à retrouver une mystérieuse Pierre d’Émeraude avant les Forces du mal. Alex, dix-huit ans, australien du XXIe siècle, descendant de Raspoutine ; Tom, douze ans, anglais du XIXe siècle, du sang de Nicolas Flamel ; Laure, vingt-deux ans, française du XVIIIe siècle, parente du comte de Saint-Germain ; Beatriz, quinze ans, espagnole du XVIIe siècle, de la lignée de Nostradamus. Ils sont les quatre premiers Héritiers contraints par un Merlin impitoyable de se lancer dans une course-poursuite à travers les âges. Passant d’une Porte druidique à une autre, ils vont apprendre à se connaître et à maîtriser leurs incroyables talents. Pourtant, que ce soit en pleine Guerre de Cent ans, à la cour de Louis XIV ou dans le San-Francisco des années 1900, le Mal prend bien des visages. Car le démon Hermès Trismegiste qui peut prendre n’importe quelle apparence suit à la trace les Héritiers et peut compter sur l’aide de créatures maléfiques cachées parmi les mortels. Dans cette quête et ce combat pour la survie du monde, il n’y aura pas de quartier. Les Héritiers le savent. Et ils l’acceptent.

Petite déception avec ce livre.

Il n’est pas mauvais, il est même véritablement addictif. Mais plus j’y réfléchis, plus je lui trouve de gros défauts, principalement chez les personnages.

Ceux-ci sont tous plus ou moins insupportables. Chez Alex, je n’ai pas du tout apprécié son attitude de coureur de jupons, matérialisée par sa proposition peu subtile à Laure. Après lui avoir servi un couplet sur ton de femme libre et indépendante, il en vient à sous-entendre que si elle était aussi libre qu’elle le prétend, elle coucherait avec lui ! Une attitude révoltante, mais qui n’est absolument pas remise en cause, ni par le personnage lui-même, ni par la demoiselle, qui même si elle le rembarre, le fait avec un manque de conviction fort gênant. En effet, elle réfléchit et se remet presque en cause, comme si le ruffian pouvait avoir raison ! Bref, passons.

J’ai aussi trouvé que Laure, avec sa fibre maternelle et raisonnable, devenait agaçante. Elle veut se comporter en protectrice et confidente des autres Héritiers, ce qui lui donne un caractère un peu mou. Quant à Tom, avec son arrogance dès lors que ses « merveilleux pouvoirs » sont révélés, il est tout aussi irritant !

Le seul personnage qui relève un peu le niveau est Nicolas Flamel, avec sa sagesse et son répondant. J’ai aussi assez aimé le conseiller du roi, de Vergy, malheureusement il passe un peu en coup de vent et a un rôle très secondaire.

Ajoutez à tout cela le sentiment que ces pouvoirs mal définis dont bénéficient les personnages leur permettent de se sortir de toutes les situations, et vous verrez pourquoi je n’ai pas été impressionnée par la dimension fantastique de ce livre. Leur description est tellement vague qu’ils en deviennent interchangeables et passe partout. Expliquez-moi la différence entre le talent de Voltigeuse de Laure et de Combattant ultime d’Alex. Moi je ne vois pas.

En outre, j’ai trouvé que la description du passé était un peu pompeuse, et maladroitement intégrée au récit, à grand renfort de notes didactiques. D’autant que toute cette apparente érudition n’empêche pas une ou deux incohérences de s’être mêlé au récit, notamment par exemple avec la mention des vitres aux fenêtres. Il me semble (ce qu’un rapide passage sur la page Wikipédia consacrée au verre confirme) que l’usage de cette matière pour les ouvertures des maisons est bien postérieure au Moyen-Âge ! [1]

Malgré tous ces défauts que je me suis fait une joie sauvage de lister, j’ai dévoré ce livre en peu de temps. C’est efficace, ça se lit vite, et il y a de l’action à foison. Le suspense nous pousse à finir le livre, et comme j’ai déjà les autres tomes sous la main, nul doute que je poursuivrai la saga pour avoir le fin mot de l’histoire.

En bref : une belle déception pour ce livre. J’en attendais beaucoup trop, et j’ai du coup relevé tous les défauts du roman de manière particulièrement peu conciliante ou indulgente. Mais il n’est pas dénué de mérite pour autant, puisque l’histoire est cohérente et pleine d’action.

[1] A la suite du conseil tout à fait justifié de Monsieur McSpare, j’ai approfondi ma recherche sur la question et constaté qu’il avait entièrement raison. Cette critique particulière n’est absolument pas légitime.

Mea culpa : vérifier une information sur wikipedia est une belle idiotie, et bien que je sois pas spécialement masochiste, sur ce coup-là je me mettrais bien une paire de baffes.

L’article consacré à la verrerie de l’encyclopédie thématique universalis précise en effet : « on savait déjà, par de nombreux récits, que l’industrie du verre à vitre n’avait cessé d’être très active depuis Grégoire de Tours ; on vitrait les églises, les cloîtres, certaines demeures seigneuriales, puis certains bâtiments municipaux ».

[James BARRELET, Verre (art du). In Encyclopédie Thématique Universalis. Edition 2004. Encyclopædia Universalis. Tome 10, page 7991. ISBN 2-35091-009-1]

Mea culpa, mea maxima culpa…

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