Chasseuse de vampires tome 2, de Nalini Singh

Singh Nalini El gremio de los cazadores 2

Second tome de cette incroyable saga qu’est « La Guilde des Chasseurs » (cet intitulé Espagnol est tellement plus classe que celui retenu en Français).

En clair : j’ai adoré.

Le premier tome nous avait laissé avec cette incroyable révélation : Elena a des ailes ! Elle est devenue un ange.

Ce livre enchaine sans temps mort sur sa formation. L’échéance est imposée dès le début : Lijuan organise un bal pour célébrer la première création d’un ange par un archange, de mémoire d’immortel. Rafael et Elena ne peuvent pas se permettre de décliner l’invitation, sous peine de perdre la face et paraître faibles. La jeune ange doit donc récupérer les forces perdues pendant son long comas et apprendre à se servir de ses nouveaux appendices. Et au pas de charge !

La partie se complique sensiblement lorsqu’un complot est révélé : un ange inconnu cherche à monter les archanges les uns contre les autres pour gagner sa place au Conseil des dix. Et le conspirateur n’hésite pas à faire couler le sang, celui d’un ange-enfant, interdit suprême chez les êtres ailés.

Notre Elena ne peut pas résister au défi : la voilà lancée sur les traces du sadique ! Une enquête sans temps mort, à l’atmosphère dangereuse suffocante, et rendue d’autant plus angoissante que les enjeux ne cessent de grandir.

Les intermèdes de douceur entre les deux amoureux sont fournissent un excellent contre-point à cette enquête survoltée : ils commencent à se connaître et s’ouvrent l’un à l’autre. Leur intimité en est d’autant plus touchante, et cela permet de mieux connaître leurs secrets… Le monde des Anges ici dévoilé est toujours aussi fascinant, notamment pour les capacités que révèle Lijuan, de plus en plus terribles à mesure qu’avance le roman.

En bref : coup de cœur encore plus absolu que celui du premier tome ! J’adore toujours autant Elena et le monde des anges. Je VEUX le troisième livre aussi tôt que faire se peut.

Memorias de Idhún tome 1, de Laura Gallego García

Gallego Garcia Laura Las memorias de Idhun 1

Jack, adolescent terrien, a un pressentiment terrible… Quelque chose ne va pas. Pourtant il ne s’imagine pas le changement que va connaître sa vie lorsqu’il rentre chez lui après le collège. Aux côtés de Victoria, une jeune fille qu’il n’a pas encore rencontrée, il commencera une lutte aux proportions épiques. Son destin sera inexorablement lié à celui de la Résistance, un petit groupe qui lutte pour la liberté d’un monde appelé Idhún.

Laura García Gallego est un auteur que j’ai découvert à l’adolescence pour son excellente série « Chroniques de la Tour ». Lorsqu’à l’époque j’avais vu qu’elle avait sorti un nouveau livre fantasy, j’avais noté le titre dans un coin de ma tête pour pouvoir me le procurer en espagnol.

C’est aujourd’hui chose faite et malheureusement je n’ai pas trouvé ce roman à la hauteur de mes efforts. L’incipit est pourtant extrêmement prometteur : mystérieux, pêchu, avec ce personnage principal qu’on a envie d’adorer.

Et puis les choses se gâtent lorsqu’il rencontre la Résistance, la fameuse. Un groupe de trois gamins, le plus vieux ayant 17 ans. Les seuls envoyés du Conseil des Mages pour sauver Idhun. Je n’ai rien contre les jeunes héros, mais encore faut-il que ce jeune âge s’explique : prophétie, héritage, ou tout bêtement magie. Ici, ces fameux mages ont choisi leurs hérauts sans explication rationnelle. Moi, si le destin de la Terre devait dépendre de quelqu’un, j’exigerais un CV un peu plus fourni.

Les choses se gâtent d’autant plus que le dernier membre de la résistance, une donzelle de douze ans au doux nom de Victoria, est un peu chouineuse, et totalement inefficace malgré toute sa bonne volonté. Jack tombe éperdument amoureux d’elle, et n’adore rien tant que de se perdre dans ses yeux lumineux, ou la prendre dans ses bras pour la réconforter lorsque le monde est méchant. Pourtant la demoiselle a des atermoiements : elle n’arrive pas à décider qui de Jack, ou du pire ennemi de la résistance, Kirtash (guerrier tout aussi jeune que les autres protagonistes) va remporter son cœur. Et c’est là, vous l’avez deviné, le plus grand écueil de tous : le triangle amoureux.

J’ai lancé les mots qui vont faire peur aux lecteurs (« triangle amoureux », cette simple évocation donne le frisson, envie de refermer un livre et d’oublier son existence). Mais pour être franche, ce n’est tout de même pas mauvais à ce point, et de jeunes ado aimeraient sûrement beaucoup. Il y a de l’action, par moments. La magie et le monde d’Idhun promettent de sympathiques développements. Mais voilà, un livre qui ne peut être lu que par des enfants, qui s’adresse exclusivement à eux et de manière aussi transparente et clichée vaut-il vraiment le détour ? Je ne suis pas convaincue…

En bref : un livre plaisant un à lire, une découverte sympathique pour quelques éléments mythologiques ou magiques qui pourraient devenir intéressants dans un tome à venir. Mais, tellement jeunesse, tellement cliché par certains aspects (notamment l’histoire sentimentale des personnages principaux) que je ne suis pas sûre qu’il vaille la peine qu’on l’ouvre.

Pour autant, je ne dis pas que je ne lirai jamais le second tome, qui se trouve déjà dans ma PAL. Il ne faut jamais dire jamais.

Chasseuse de vampires, tome 1 de Nalini Singh

Singh Nalini El gremio de los cazadores 1

Elena est une chasseuse de vampires née. C’est un boulot dangereux : les imbéciles (seuls les vampires dénués de cervelle tentent d’échapper à ceux auxquels ils ont vendu leur âme), les imbéciles, donc, sont dangereux. Pourtant Elena excelle à leur donner la chasse et ses dons surpassent ceux de tous ses collègues. C’est ce talent qui lui vaut une attention malvenue : l’archange Rafael cherche à recruter le meilleur élément de la Guilde pour la mission la plus dangereuse qui puisse être imaginée… Rafael, cet Archange cruel capable de briser tous les os d’un serviteur qui l’a mécontenté, et de le laisser agoniser des heures au beau milieu de Times Square. Elena, engagée malgré elle, est sûre d’y laisser sa peau.

Le début de l’histoire ne semble pas des plus originaux. Certes, Elena est indépendante et adore la baston. Elle a des amis à la langue bien pendue et la chasse qui lui est proposée promet de belles aventures.

Mais il faut un peu plus que cela pour créer cette étincelle qui fait d’une bonne lecture un coup de cœur.

Plusieurs éléments ont ici contribué à cette alchimie si difficilement définissable.

Il y a tout d’abord une part d’originalité propre au caractère d’Elena elle-même. Je vous ai dit qu’au-delà du type d’héroïne « forte », elle semblait réserver peu de surprises. C’est un premier sentiment qui s’est vite trouvé réfuté ; sa relation avec Rafael la fait sortir du lot. Pourquoi donc, me direz-vous ? Elle finit par céder au beau mâle ténébreux, distant et dangereux ! Certes, elle finit par lui céder, ce n’est pas vous spoiler que de vous le dire. Mais elle ne le fait pas à la manière de tant d’ingénues, qui se pâment dans les bras du preux chevalier, une main sur le front, la tête renversée en arrière et des trémolos dans la voix. Non, Elena prend une décision en tant que femme mûre, sûre de ce qu’elle veut. Elle prend la décision de céder à Rafael, en toute connaissance de cause, et sans mettre cela sur le compte de pulsions sur lesquelles elle n’aurait aucun contrôle. Cette manière raisonnée de succomber à la tentation m’a beaucoup plu : elle contribue à donner un vrai caractère à ce personnage.

Les démons qui la hantent sont un autre élément qui achève de la rendre attachante. Ils sont introduits dans l’histoire tout en finesse, à travers des flash-backs partiels plein de mystères et qui mettent l’eau à la bouche. Certains détails restent énigmatiques, et j’ai hâte d’en apprendre plus dans les tomes suivants.

Enfin, dernier élément – et non des moindres – faisant de ce livre un excellent début de saga : la mythologie ! Des vampires, une chasseuse, des anges. Quoi de neuf ? Tout. Les vampires eux-mêmes, bien qu’a priori plutôt classiques, deviennent originaux par leur fonction de serviteurs d’anges. Ces derniers sont la principale innovation de la saga. Loin d’être éthérés et purs, proches d’un « Dieu » dont ils relaieraient la volonté, ils sont ici dépeints comme des déités ayant droit de vie et de mort sur Terre, et cela de leur propre autorité. Ivres de pouvoir, ils font régner la terreur et régentent leur territoire de manière plus ou moins juste. Ils ne sont pas pour autant à l’abri de pulsions humaines, depuis la cupidité jusqu’à la haine. Je sens que leur nature promet son lot de révélations dans les tomes à venir.

L’enquête elle-même suscite chez moi un peu moins d’intérêt en ce sens qu’il ne s’agit pas du principal apport de ce roman. Néanmoins, elle est menée tambour battant, avec un art consommé et sans un seul temps mort. L’histoire de cœur est semblablement réussie, et je ressens une vive curiosité devant sa poursuite dans le reste de la saga. Rappelons en effet que la première saga de Mme Nalini Singh suit un schéma assez classique en romance paranormale : un couple différent pour chaque livre de la série. Ici, elle va devoir poursuivre le développement des mêmes personnages. Espérons que l’approfondissement des caractères soit à la hauteur !

En bref : une héroïne qui dépote, une mythologie qui promet et une histoire riche en actions et sentiments. Que demande le peuple ? Rien de plus si ce n’est la suite, et rapidement. Alerte coup de cœur !

 

El mejor lugar del mundo es aquí mismo

Miralles Contijoch Francesc El mejor lugar del mundo es aquí mismo

Iris a perdu toute envie de vivre depuis la mort de ses parents dans un accident de la circulation. Un après-midi froid et triste où elle se dit qu’elle n’a plus rien à perdre, elle découvre un nouveau café dans son quartier. Un café dénommé « Le meilleur endroit du monde est ici-même », devant lequel elle a dû passer des centaines de fois, sans le remarquer. Un café qui va changer son existence.

Elle y rencontre Lucas, et soirée après soirée, redécouvre avec lui le sens de la vie. Elle apprend à être heureuse, à trouver de petits éléments de bonheur dans un quotidien qu’elle s’emploie à bousculer.

Je termine cette lecture assez déçue. Le synopsis ci-dessus est maison, parce que la quatrième de couverture révèle tout ce qui se déroule dans le roman.

Iris n’est pas le genre de personnages auxquels je m’attache facilement. Elle subit une grande perte, la perte de ses parents. Pourtant j’ai du mal à admettre qu’un adulte de 36 ans n’ait que ses parents au centre de sa vie, au point que leur décès remette tout en cause. Son travail est purement alimentaire et ne l’intéresse pas. Elle n’a pas non plus de hobby qui la passionnerait, d’amis qui la distrairaient. Sa vie est vide. Il lui faut cet évènement dramatique pour finalement la remettre en cause. Elle mentionne à plusieurs reprises la timidité… M’enfin de là à se prendre si peu en mains…. Sa passivité m’a beaucoup agacée, et j’ai eu envie de la secouer à plusieurs reprises.

J’ai aussi été peu convaincue par la rapidité du tournant que prend sa vie après la découverte du café et sa rencontre avec Lucas. Le caractère magique de l’endroit et des tables qu’ils y partagent est censé tout expliquer. Mais je reste sceptique, puisque cette magie n’est pas assez détaillée ou développée pour combler les lacunes de la narration. Les deux auteurs s’exclament « abracadabra » et agitent négligemment une baguette magique pour faire avancer leur histoire, sans même prendre la peine de nous décrire ledit sortilège ! Je me sens flouée.

Pourtant, il y a une chose qu’on peut dire en faveur de cette atmosphère magique et mystérieuse : elle est assez poétique. A défaut d’être logique, ou même un tant soit peu compréhensible, cette manière elliptique de faire évoluer Iris laisse une bonne marge de manœuvre à la fantaisie. A grands coups de petits changements anodins, M. Miralles et Mme Santos transforment leur personnage. Tantôt elle apprend les haïkus, tantôt elle change d’appartement, un troisième bouleversement réside dans sa couleur de cheveux. Pourtant malgré cet aspect sympathique, j’avoue que l’apport de cette lecture reste modeste. Je n’en ressors pas éclairée par de grandes révélations philosophiques sur la vie – pas même de petites révélations pratiques.

En bref : une lecture malheureusement décevante en raison de son personnage principal apathique et du caractère peu développé des évolutions que connaît sa vie. Mais un livre qui n’est pas dépourvu de mérite pour autant ; il a une atmosphère assez sympathique, à grand renfort de phrases mystérieuses sur le sens profond de la vie, haïkus et citations de chansons. A voir si cela vaut le détour… Pour ma part je ne suis pas convaincue.

Cruzando los limites, de Maria Martinez

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Chronique d’une petite romance… C’est un livre sans prise de tête, qu’on lit pour les bons sentiments, pour la jolie histoire d’amour. En premier lieu, laissez-moi vous parler des personnages.

Savannah est fort sympathique. Naïve et innocente, et qui pourtant refuse de s’en laisser conter, elle est bien décidée à ignorer la pression populaire : non, elle ne se remettra pas avec Brian. Oui, Brian le si parfait, le si charmeur, le beau, riche et athlétique champion de l’école. Même si celui-ci avait des plans, même s’il la voit comme la seule femme pouvant vivre à ses côtés. Brian apparaît comme un bon petit macho, qui a bien du mal à entendre un « non », et encore plus à l’accepter.

Caleb… Mon Dieu, Caleb rejoint le grand Panthéon de tous les hommes capables de faire chavirer le cœur du club des Lectrices Midinettes. Malgré tous les défauts dont l’affuble l’auteur, Maria Martinez, c’est l’homme idéal. Tendre, attentionné, amoureux, protecteur… S’il n’était pas fait de papier, je le prendrais volontiers pour moi…

Ajoutez à ces personnages principaux un univers basé sur les différences de milieux sociaux, très habilement détaillé, et vous aurez la somme de ce qui m’a fait dévorer ce livre. J’ai beaucoup aimé cette histoire d’amour rendue impossible par l’origine de ses héros. Caleb est le méchant de banlieue, Savannah la petite riche du quartier huppé. Les parents et amis de l’un comme de l’autre refusent de se parler, refusent même d’admettre qu’il puisse exister quelque chose reliant les deux amoureux. J’ai trouvé que la pression de l’entourage était fort bien décrite, retranscrivant bien la situation impossible de Savannah. Celle-ci doit lutter contre des préjugés tenaces ; les siens propres, mais aussi ceux de Caleb qui n’envisage pas qu’une jeune bien née comme elle puisse le considérer comme un égal.

C’est cette question sociale qui distingue cette romance de toutes les autres plus ou moins similaires – au premier rang desquelles Beautiful Disaster.

En bref : une bonne petite romance bien sympathique, addictive, aux personnages mortellement attachants.