Guinevere, de Jean-Louis Fetjaine

Fetjaine Jean-Louis Guinevere

Le royaume de Logres n’est plus ce qu’il était. Les Nains ont disparu, les légions noires du Nord ont été mises en déroute. Tandis que les Elfes s’enfoncent toujours plus loin dans leurs forêts, les Hommes sombrent dans l’obscurantisme apporté par la nouvelle religion chrétienne. L’Équilibre entre les quatre races voulu par les Dieux est rompu et un seul Homme semble à même d’enrayer le déclin : Arthur Pendragon.

Pourtant, les complots sourdent autour de lui, et ses projets pourraient bien être mis en échec par ceux qui sont le plus proche de lui, au premier rang desquels son épouse, Guinevere.

Je reste toujours à l’affût de légendes arthuriennes, en attendant d’avoir l’occasion de lire l’une des versions originales… Jean-Louis Fetjaine est connu pour ses écrits fantastiques ayant pour trame l’histoire de la Table ronde.

Il a à mon sens deux talents majeurs : le don pour la description des décors, et celui pour la création de personnages à la psychologie fouillée.

Tout d’abord le don de décrire minutieusement les lieux afin de donner à tout son roman une ambiance très particulière. Jean-Louis Fetjaine raconte d’abord l’atmosphère maussade des terres des Hommes, boueuses et ternes, où les éléments s’abattent et accablent toujours plus les humains. Par contraste, il dépeint ensuite le royaume serein et mystérieux des Elfes, les bois éclairés par les rayons obliques du soleil, où l’on entend le chant des oiseaux, les murmures des arbres et bourdonnements des abeilles. Enfin, l’auteur nous plonge dans l’affrontement brutal des deux, l’affrontement du dédain des Elfes et du fracas des armes de fer des Hommes.

Les descriptions sont d’autant plus riches qu’elles relatent un monde médiéval avec des mots savants, qui laissent transparaître la science de Jean-Louis Fetjaine, spécialiste de cette époque. On se croirait dans un authentique roman de chevalerie, d’autant plus que certaines des répliques des personnages ne sont que des traductions du Roman de la Table Ronde, dont le texte original figure en note de bas de page (en ancien francoyòe, s’il vous plaît).

Le seul détail qui m’a perdue, je l’avoue, ce sont les descriptions héraldiques. Elles étaient traduites, bien entendu, mais visiblement pas en termes assez clairs pour qu’une néophyte telle que moi y comprenne quelque chose.

La seconde caractéristique des écrits de Jean-Louis Fetjaine concerne les personnages. Ici, pas de héros infaillible, au courage parfait. L’auteur décrit des hommes qui ont des faiblesses. Ils sont vaniteux, parfois couards ou butés, et ils ont beau se battre pour suivre le crédo de la chevalerie, ils n’y réussissent pas toujours. Cet aspect-ci m’enthousiasme moins que le précédent. Certes elle rend les personnages vraisemblables, mais j’avoue que l’une des raisons qui me fait priser si fort la fantasy est la dimension héroïque de ses protagonistes. Ce doit être mon côté idéaliste et fleur bleue. Néanmoins, ce côté rêveur ne m’empêche pas de reconnaître le mérite et le talent que possède Jean-Louis Fetjaine pour créer de tels personnages.

En bref : une lecture extrêmement intelligente, où la plume tout en finesse de l’auteur se met au service d’une atmosphère travaillée. Les amateurs de grande fantasy qui ne recherchent pas l’action avant tout trouveront leur bonheur dans ce livre.

Pour découvrir un extrait de ce roman, je vous invite à cliquer ici.

Le mardi sur son 31 #10

Le mardi sur son 31 est un rendez-vous initié par Sophie, sur son blog Les Bavardages de Sophie

Il s’agit de citer un passage de la page 31 du livre que l’on est en train de lire. Une bonne manière de présenter un livre…

Fetjaine Jean-Louis Guinevere

Cette semaine, je vous présente un extrait du roman consacré à mon homonyme, Guinevere, par Jean-Louis Fetjaine. Le grand talent de ce grand auteur français de fantasy est de créer une atmosphère embrumée, mystérieuse. Tout à la fois médiévale et fantastique ; on entend presque sonner les cornes annonçant les joutes de chevaliers… Ou bien, comme dans cet extrait, un contexte plus serein.

« La forêt était si dense, les frondaisons si épaisses que le soleil de juillet ne parvenait à les percer que par rais, obliques et lumineux comme des lances divines, dans lesquels dansaient lentement des poussières chatoyantes. Tout, ici, semblait immobile, en un silence que troublait à peine quelque chant d’oiseau, le murmure du ruisseau ou le craquement d’une branche. Et l’air embaumait de cette inhabituelle chaleur. Merlin s’était allongé contre un tronc renversé, humant le parfum d’une haute pousse d’ancolies aux fleurs violettes, les yeux clos. Il ne l’entendit pas arriver. La soudaine sensation d’une présence l’alarma, et quand il ouvrit les yeux, elle était là, pâle et nimbée de lumière, dans sa tunique de moire dont la couleur changeant au moindre mouvement se confondait avec le feuillage des arbres.

– J’ai craint de ne plus jamais te revoir, ma reine… Je rêvais, et dans mon songe tu étais partie, avec tous les elfes d’Eliande.

– Tu vois, je ne suis pas partie… Et je ne suis pas ta reine, Myrddin.

Le mage sourit, ramassa son bâton et se leva. Myrddin… Il ne restait plus grand monde pour l’appeler ainsi, de son nom elfique. »

Ophélie

Si vous êtes intéressés par ce monde et cette mythologie, je vous recommande de lire la Trilogie des Elfes du même auteur….