Le livre perdu des sortilèges, par Deborah Harkness

Harkness Deborah Le livre perdu des sortilèges 1 F

Au commencement étaient la peur et le désir

Diana Bishop est la dernière d’une longue lignée de sorcières, mais elle a renoncé depuis longtemps à son héritage familial pour privilégier ses recherches universitaires, une vie simple et ordinaire. Jusqu’au jour où elle emprunte un manuscrit alchimique : L’Ashmole 782. Elle ignore alors qu’elle vient de réveiller un ancien et terrible secret, et que tous – démons, sorcières et vampires – le convoitent ardemment. Parmi eux, Matthew Clairmont, un vampire aussi redoutable qu’énigmatique. Un tueur, lui a-t-on dit. Diana se retrouve très vite au cœur de la tourmente, entre un manuscrit maudit et un amour impossible.

Lorsque j’ai aperçu ce livre dans la bibliothèque, je me suis immédiatement souvenu qu’il était dans ma Wish-List. Je n’ai donc pas hésité avant de me jeter dessus.

Je l’ai commencé, et là, je suis tombée sous le charme du personnage principal, Diana Bishop, descendante d’une des fameuses sorcières de Salem. Professeur d’histoire à Oxford, elle ne cherche qu’à oublier ses origines et la magie qui coule abondamment dans ses veines. Elle possède toutes les qualités qui font une bonne héroïne : du courage, de l’abnégation, de l’obstination, et une volonté de fer. Je me suis beaucoup attachée à elle.

Ensuite, il faut parler de l’écriture que j’ai particulièrement appréciée. J’ai été impressionnée par la capacité de l’auteur à évoquer les odeurs et les goûts, toujours d’une grande précision. Malgré la finesse de la traduction, j’ai regretté tout du long de ma lecture de ne pas avoir trouvé la version VO, en américain. J’ai l’impression qu’en français, le livre est un peu dénaturé. Quelques mots ici par-là sont dans notre belle langue, ils ne se voulaient pas forcément compris du lecteur. J’ai trouvé que même s’ils étaient signalés en italique, le fait qu’ils soient dans la même langue que le reste du livre gâchait un peu l’effet.

J’ai adoré la plupart des personnages, d’Isabeau jusqu’à Sarah en passant par Marcus. Tous étaient très attachants, notamment dans le cadre de magie et de mystère où on les découvrait. J’ai trouvé agréable que pour une fois, l’héroïne soit déjà au courant de l’existence de la magie au lieu de se retrouver plongée dans un monde inconnu et qu’elle ne comprend pas. L’ambiance générale m’a d’ailleurs un peu rappelé celle de La malédiction d’Old Haven, de Fabrice Colin : pleine de mystères anciens, de secrets à dévoiler, le tout entouré d’une bonne dose de magie. Un vrai régal.

Il faut quand même que je donne mon principal reproche sur ce livre, celui qui m’a gênée, voire agacée pendant toute ma lecture : le couple Diana-Mattew – précisons que celui-ci est un beau vampire, ténébreux, dangereux, et aux motivations hermétiques et mystérieuses à première vue. En voyant leur histoire d’amour se dérouler, j’ai tout simplement eu l’impression de lire une version adulte de Twilight. Véritablement écœurant. Je reconnais bien sûr que tout le livre dans son ensemble est beaucoup plus fouillé, les personnages moins nunuches, mais bon… On nous a déjà fait le coup de la demoiselle en danger, attaquée par de méchantes créatures, si dangereuses que le vampire bien aimé se voit obligé d’emmener la jeune fille dans sa famille pour la protéger. Sans compter que celle-ci se fait enlever et torturer (non, je vous rassure, quand même pas dans un studio de danse)…

C’est d’autant plus décevant que je suis certaine que je serais tombée sous le charme de Mattew sans ces ressemblances qui m’ont gâché ma lecture. Pourtant, je ne me suis pas ennuyée un seul instant, et bien que les pages soient surchargées de mots (en voyant ce livre de quelques 500 pages en police plutôt fine, on se dit qu’il y a de la matière, point plutôt positif d’après mon point de vue) j’ai littéralement dévoré ce gros bouquin. Les chapitres courts ont défilé, et quand je devais m’arrêter, je me disais « encore quelques pages »… Et une heure après j’y étais toujours. Je l’ai donc finis en deux jours.

En bref : une très bonne découverte à mes yeux, qui aurait pu être excellente sans cette histoire d’amour un peu ratée… Je n’ai qu’une envie : mettre la main sur le tome suivant, L’école de la nuit. Je voulais aussi signaler que la couverture est magnifique ; c’est une très grande réussite.

Edit : juillet 2018

J’ai rouvert ce livre à l’occasion de mon propre séjour de recherche à Oxford. J’ai arpenté les rues décrites par Diana, passé du temps exactement au bureau de la bibliothèque du Duke Humfrey, dans Selden End à la Bodleian Library… Très excitant, même si en réalité tous les détails du livre ne s’y retrouvent pas…

Autre mention nécessaire : j’ai eu l’occasion de faire cette relecture en langue originale. Moralité : l’herbe n’est pas plus verte chez les voisins. Les passages en français ne comportaient aucun accent et étaient d’une bizarrerie achevée. Finalement la version française m’avait plus plu…

Quoi qu’il en soit, cette relecture a confirmé tous les points positifs et tous les points négatifs que j’avais relevés lors de ma première lecture. Donc je suis très heureuse de republier cette ancienne chronique sur mon nouveau blog. Enfin, plus si nouveau maintenant, puisqu’il va sur ses trois ans. Comme le temps passe vite…

Publicités