Esclave victorienne, de Sophie West

West Sophie Esclava Victoriana (intégrale)

Londres, 1857.

Georgina Homestadd, fille d’un commerçant fortuné, orgueilleuse et femme de bien, est obligée par le chantage à se marier à un homme qu’elle méprise. Joseph Malcolm Howart, propriétaire d’un casino et de plusieurs maisons closes, a été humilié publiquement par Georgina quatre années auparavant. Maintenant qu’il la tient en son pouvoir, il va lui rendre la monnaie de sa pièce.

Convertie en l’esclave sexuelle de son mari, ligotée par les lois des hommes et sans possibilité de se tourner vers la justice, Georgina n’a pas d’autre solution que de se soumettre aux exigences constantes de Malcolm pour éviter que son frère Linus finisse en prison pour dettes de jeu. Georgina réussira-t-elle à échapper à son destin ou se rendra-t-elle à l’homme qui la traite comme une esclave sans valeur, mais lui procure un plaisir qu’elle n’aurait jamais pu imaginer ?

AVERTISSEMENT : cette histoire inclus des scènes de sexe, de soumission, vexation et humiliation. Âmes sensibles s’abstenir.

J’avais découvert l’érotisme noir avec la série Twist me, d’Anna Zaire. C’est une lecture qui m’avait fortement marquée. D’abord parce que j’avais aimé, beaucoup aimé cette saga. Ensuite parce que je l’avais aimée en raison des horreurs qu’elle contenait, ce qui continue de me déranger.

Le propre de l’érotisme noir est de déranger. Les deux livres que j’ai lus de ce genre présentent une héroïne prise contre sa volonté, soumise à des traitements dégradants et horribles, et qui finit, malgré elle, malgré tout ce en quoi elle croit, malgré sa détermination à se libérer et à préserver sa personnalité, par tomber amoureuse de son geôlier et apprécier les tortures auxquelles il la soumet.

L’érotisme noir est en somme une plongée dans un esprit atteint du syndrome de Stockholm, point de départ malsain s’il en est. Il décrit le viol, l’absence de consentement la plus absolue et qui finit par constituer le fantasme de l’héroïne.

Dans ces circonstances, c’est dur d’admettre qu’on a aimé, ou même que certaines scènes de sexe nous ont plu. On retrouve en soi les sentiments mis en exergue par le personnage principal : la honte de savoir qu’on apprécie quelque chose d’intrinsèquement mauvais.

Ce genre de livres (enfin le peu que j’ai lu – les deux déjà mentionnés) est d’autant plus intéressant qu’il présente des problématiques psychologiques complexes. Faut-il admettre une telle perversion ? Lutter contre des fantasmes parce qu’ils sont malsains ? Au-delà de cela, apparaît ensuite la question de savoir si une relation amoureuse est possible dans un tel cadre. Dans chacun des exemples que je connais, l’héroïne tombe amoureuse de son geôlier, et veut se convaincre que lui aussi a succombé à son charme.

C’est sur ce point que j’ai trouvé Esclave Victorienne moins bon que Twist me. Dans le premier, l’ambiguïté est vite résolue, alors qu’elle est maintenue et réaffirmée encore et encore dans Twist me. Dans Esclave Victorienne le lecteur retrouve une zone de confort avec la résolution de l’intrigue.

En bref : une lecture fascinante, une lecture dérangeante que j’ai beaucoup aimée. Les personnages sont attachants, les scènes de sexe bien écrites. Cela se lit rapidement et sans souci – sauf pour une âme sensible…

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