Les Loups de Riverdance tome 1 de H.V. Gavriel

Gavriel H.V. Les loups de Riverdance 1

Première romance gay sur ce blog – et dans mes lectures en général, je dois dire que j’étais particulièrement curieuse.

La grande question était bien évidemment : y-a-t-il une différence dans le traitement des sentiments ou du sexe dans les histoires amoureuses homo ?

Eh bien à mon très humble avis : non.

On entre dans une histoire brute de décoffrage, quasiment in medias res alors que Lucas cède aux avances peu subtiles de son boss. C’était un début assez peu auspicieux, surtout que Lucas fait rapidement référence à un « guerrier intérieur » qui m’a désagréablement rappelé une certaine « déesse intérieure »[1].

Heureusement, le roman prend immédiatement une tournure drastiquement différente. Lucas apparaît comme un jeune homme hanté par un événement mystérieux, et mêlé de près à un monde surnaturel encore mal défini. Il assume pleinement sa sexualité gay, mais doit malgré tout composer avec les discriminations qu’elle engendre : l’obligation de rester caché, et d’enchaîner des histoires sans lendemain avec d’autres hommes qui ne peuvent se revendiquer homosexuels. Encore que cette dernière circonstance est davantage attribuable à ce mystérieux ennemi assoiffé de sang qui le poursuit à travers le pays depuis des années. Lucas, lui, rêve de stabilité, d’un endroit à lui, tout en sachant que s’il se laisse aller, il y laissera probablement la vie.

Vous l’aurez compris, j’ai adoré ce personnage. Malgré un petit côté geignard parfois excessif, il est bougrement attachant. Ses faiblesses le rendent mignon-tout-plein, on n’a qu’une envie : le prendre dans nos bras pour le protéger de toutes les saletés que la vie lui balance à la figure. Parce que laissez-moi vous dire que des mochetés, dans ce tome, on en trouve à la pelle. C’en est même navrant pour notre pauvre Lucas. Et malgré tout cela, il reste fort, il essaie de s’en sortir et d’agir au mieux pour protéger ceux qu’il aime. Parce que oui, vous l’aurez compris, un petit gars comme lui ne peut rester seul bien longtemps, et il se trouve rapidement une famille de substitution.

Ladite famille de substitution est composée de loups-garous. Mais ils ne constituent la principale originalité mythologique de ce livre. Non, c’est du côté de Lucas que réside la nouveauté. Petit à petit, le lecteur découvre sa nature, les éléments sont savamment incorporés au récit, des passages où l’action est mise de côté pour donner un éclairage sinistre aux réflexions du jeune homme. J’ai trouvé cette mythologie très originale, très-bien amenée et super-bien décrite. Vous remarquerez la gradation…

Il faut également que je mentionne l’art consommé avec lequel Mme Gavriel gère le suspense. Les évènements s’enchainent de manière fluide et nous tiennent en haleine d’un bout à l’autre du roman. Lorsque ce n’est pas l’action, c’est la romance et vice-versa.

Enfin, les personnages secondaires constituent une belle cerise sur le gâteau, ils sont tous extrêmement sympathiques et j’ai hâte d’en découvrir plus sur eux dans les tomes suivants de la série.

Ainsi que je l’ai déjà mentionné, le fait que les deux protagonistes soient des hommes n’engendre aucune différence notable avec les romances hétérosexuelles. Leur histoire est tout aussi prenante et attendrissante, les scènes de sexes ne font que refléter cette tendresse.

En bref : une excellente romance qui m’a fait passer un excellent moment. Les personnages sont tous très touchants, au premier rang desquels le jeune Lucas, et la mythologie est d’une grande qualité. Le suspense est au rendez-vous, et j’ai dévoré ce livre sans pouvoir le poser.

[1] Oui oui, je veux bien parler de celle de Melle Anastasia Steel…

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