Louis le Galoup tome 1, de Jean-Luc Marcastel

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La nuit, le feu, une grande forteresse assaillie, une créature monstrueuse, un loup terrible, un loup debout… un galoup. Tel est le cauchemar qui hante Louis, dans son village au bout du monde, près de la Grande Brèche et de sa lueur maudite qui marque la fin du royaume et de toutes les routes… Ce royaume que l’ombre du Vicomte de Marsac, l’Usurpateur, et de ses terribles barons, Malemort et le Siblaire, ce siffleur infernal, recouvre peu à peu… Mais derrière le simple garçon des montagnes, un autre se cache, plus griffu, plus sauvage, qui attend son heure… Cet autre sera-t-il assez fort, assez terrible, pour s’opposer aux ténèbres et à ses émissaires ?

Alerte au coup de cœur !!!!

Cela m’a frappée immédiatement. Il a suffi de quelques pages pour que je tombe sous le charme de la plume de l’auteur.

Non que le reste ne soit pas bien. Les personnages sont très attachants, l’atmosphère est mystérieuse à souhait, les paysages décrits sont magnifiques – on sent qu’il l’aime, sa région, le Jean-Luc Marcastel, pour pasticher son verbe haut en couleurs. Un paysage de montagne avec un grand ciel bleu, on peut presque sentir le soleil sur le visage et l’odeur de la terre et des blés.

Voilà que je m’égare et que j’en arrive trop vite à ce qui m’a marquée : la plume de ce Monsieur Jean-Luc Marcastel. Elle est un délice ! Gouleyante, contournée et chantournée, parée de toutes les couleurs et circonvolutions possibles du Français de Provence. C’est un amas d’expressions et de vocabulaire tous plus originaux les uns que les autres. J’ai adoré. C’est donc une excellente lecture, qui a tout pour elle.

On a comparé M. Jean-Luc Marcastel à Pierre Bottero, compliment suprême s’il en est. Je ne suis pas loin de tomber d’accord, sur le point de l’écriture en tous cas. Reste à voir si les tomes suivants confirmeront ce sentiment…

En bref : un tome aux personnages attachants et dont la découverte est plaisante. Ces éléments sont relevés par une écriture absolument remarquable et qui transforme cette bonne lecture en un coup de cœur.

mention coup de cœur

Un petit extrait, en guise de mise-en-bouche ? Ou même plusieurs, je ne peux pas résister à la tentation…

Voilà un extrait pris pas loin du début du livre… On surprend les deux personnages principaux en pleine activité…

« L’air était encore doux et soufflait, en veux-tu en voilà, des bouffées de chaume blond et de feuilles roussies.
De partout, dans le champ pentu et biscornu, on se renvoyait à tue-tête quelques plaisanteries. Filles et garçons se malmenaient à coups de gueule et de rires moqueurs.
Les faux s’agitaient. Puis venaient les bras vifs et empressés fagotant les bottes en deux temps trois mouvements avant de les envoyer dans la charrette.
Le manège dura toute l’après-midi. Bientôt, le déjeuner ne fut plus qu’un lointain souvenir.
Louis, pas plus que Séverin, ne ménageait ses forces. Tous deux avaient beau être les fils du Chevalier Gaston de Marfon, ils trimaient coude à coude avec le manant et buvaient à la même flasque.
Leur père, s’il venait à le savoir, leur tannerait le cuir. On n’aimait pas, même dans une noblesse aussi crottée et désargentée que celle-là, s’abaisser aux tâches du commun. »

Présentation d’un personnage secondaire qui m’a énormément plu, le Père Georges, un phénomène !

« « C’t’un diable que je vous dis ! Il m’a… Il m’a jeté… Et ses yeux… Ses yeux y z’étaient jaunes… J’l’ai vu ! »
Il n’alla pas plus loin qu’un « clac » formidable s’éleva, le coupant net dans son élan.
Des « clac » comme ça, seul le Père Georges savait en produire.
Et c’était bien lui qui se tenait au-dessus du Gontran, soudain muet comme une carpe et la joue écarlate. Gontran qu’il pointa d’un doigt accusateur.

« Mais tais-toi donc, Gontran Borrie, avant que le Seigneur ne se fatigue de t’entendre et ne te soude la langue au dentier pour t’apprendre à te taire ! Tu as déjà fait assez de mal pour aujourd’hui ». Il se tourna vers Firmin, qui, remis de sa frayeur, mais sentant le vent tourner à l’orage, s’éloignait déjà sur la pointe des pieds. […] »Et toi donc Firmin, qui viens dans la maison de Dieu boire le vin de la messe ! J’y userai trois balais à vouloir te chasser le Malin du corps, et pour rien qui plus est. » »

Présentation de la Roussotte, un personnage qui promet d’intéressants développements dans les tomes à venir

« La Roussotte, il ne la connaissait que de loin, et encore du coin de l’œil.
C’est qu’on lui prêtait mauvaise réputation, à la drôlesse, dans le village. Quand d’aventure elle venait par ici, pour acheter un peu de fromage et quelque autre produit, on la servait du bout des doigts et on la chassait aussitôt, à croire qu’elle trimballait avec elle poux et peste. On n’osait cependant pas trop la rabrouer ou être vraiment désagréable. C’est qu’on la disait soufrée, la garcelette, capable de vous tourner des coups à Diable. »

Et un petit extrait pour vous situer le paysage… Là non plus, je n’ai pas pu résister !

« La vallée resplendissait, à cette heure, toute cernée de montagnes. L’ombre et la lumière se partageaient les pentes, noires à l’ouest, dorées à l’est, tirant sur le rouge.
Le crépuscule roussissait les rochers et faisait flamber quelques plaques de neige agrippées aux bonnets des pics depuis l’hiver dernier. La chevelure hirsute des forêts se faisait elle aussi rouquine. »

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7 commentaires sur “Louis le Galoup tome 1, de Jean-Luc Marcastel

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