Une Étude en Soie, d’Emma Jane Holloway

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Evelina Cooper, la nièce de Sherlock Holmes, s’apprête à vivre sa première saison dans la haute société londonienne. Mais quand de terribles meurtres secouent le manoir de son amie et hôte, la jeune femme se retrouve plongée au cœur d’un complot remettant en question le monopole des barons de la vapeur sur la ville. Une enquête à hauts risques. D’autant qu’Evelina cache un dangereux secret et qu’elle ignore auquel de ses compagnons elle peut vraiment se fier : le beau et brillant aristocrate débauché qui fait battre son cœur ou son meilleur ami forain, qui ferait n’importe quoi pour elle.

Livre emprunté sur un coup de tête. Il faut dire que l’objet est magnifique : la couverture est décorée d’arabesques dorées dans le plus pur style XIXe. Les tons pourpres et violets se marient à la perfection avec ces motifs. Très classe, mais pas trop kitsch.

Malheureusement, la première centaine de pages a suffi à me faire déchanter. Tout m’a paru très plat, à commencer par le personnage principal.

Evelina est une jeune fille originale… Sur le papier. Elle est passionnée de mécanique, et a grandi dans un cirque. Deux caractéristiques qui devraient l’éloigner des autres jeunes filles de bonne famille. Et pourtant… Rien de ce passé ou de cette passion ne se retrouve dans son caractère – hormis quelques mentions répétitives et qui tombent comme un cheveu sur la soupe, se bornant à réexposer les mêmes informations, encore et encore. L’héroïne paraît donc sans relief, sans saveur.

C’est aussi valable pour l’univers steampunk créé par Emma Jane Holloway. L’idée de base, l’objet de toutes les recherches et de toutes les spéculations est certes très intéressant : il s’agit de mêler magie et technologie. Une chimère qui n’a été réalisée qu’une fois, en des temps immémoriaux. Pourtant, notre jeune Evelina, sans apprentissage magique ou mécanique, y parvient aisément. Et Mme Holloway ne daigne pas nous expliquer comment. Peut-être ce point est-il destiné à être développé dans d’autres tomes ?

Il y a malgré toutes mes aigres remarques quelques aspects de ce livre qui m’ont plus : j’ai beaucoup aimé l’intrigue politique liée aux Barons de la Vapeur. Ces industriels sans scrupule ont la mainmise sur toutes les sources d’énergie disponibles, et empêchent toute recherche sur de nouvelles énergies. Une problématique qui résonne de manière très particulière à mes oreilles, notre monde étant actuellement enfumé par les vapeurs d’essence…

J’ai aussi bien aimé les personnages secondaires, Tobias et Imogène – cette dernière ayant ma préférence. C’est le seul personnage qui ait réussi à m’arracher un rire. Tobias est aussi mignon à sa manière, et l’intrigue de cœur qu’il introduit dans l’histoire m’a fait sourire à plusieurs reprises. Mais je n’ai pas du tout aimé le retournement de situation de la toute fin du roman, j’ai trouvé qu’il ne collait pas à son caractère.

Les histoires de cœur sont d’ailleurs la principale incohérence du récit. Dans une Angleterre qui de loin en loin, est décrite comme caractérisée par son standard de bonne mœurs, et connue pour son caractère conservateur, comment expliquer que de respectables demoiselles comme Evelina ou Imogène réussissent à s’isoler plusieurs fois avec leurs soupirants sans aucun chaperon, et même à les embrasser ?

Il faut enfin que je mentionne les quelques coquilles et fautes d’orthographes qui se sont glissées dans le récit, certaines tournures m’ayant paru pauvrement choisies. Je ne les aurai probablement pas remarquées si j’avais été plus enthousiasmée par l’intrigue…

En bref : une belle déception, même si le roman n’est pas dénué de qualités. J’en attendais malheureusement beaucoup trop. Il faut néanmoins noter l’originalité de la steampunk, avec la problématique de l’articulation de la magie et de la technologie, qui pourrait donner des développements intéressants dans les tomes à venir. A relever également, les Barons de la Vapeurs, si menaçants et puissants qu’ils donnent le frisson.

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6 commentaires sur “Une Étude en Soie, d’Emma Jane Holloway

    1. Ah oui, effectivement. Ce n’est pas une mauvaise lecture non plus, il y a des bon côtés… Mais je ne le recommanderai pas à quelqu’un qui n’a aucune obligation! Bon courage pour ton challenge, My. Qui sait, peut-être te plaira-t-il davantage qu’à moi ?

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