La Maîtresse de guerre, par Gabriel Katz

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Tout le village de Nordland est en deuil. L’enfant tant attendu du maître d’arme, l’héritier tant désiré, se révèle être… une fille !

Horn refuse cependant de renoncer à son rêve de former un successeur, et enseigne tout son savoir à sa fille, nommée Kaelyn. Lorsque le maître d’arme décède prématurément, Kaelyn s’engage dans l’armée, seule femme dans un milieu d’hommes. Les choses ne vont cependant pas comme prévu, et elle se retrouve bientôt esclave, capturée à la suite d’une escarmouche. A la merci d’ennemis diaboliques, un peuple d’esclavagistes barbares et cannibales….

J’ai beaucoup apprécié cette immersion aux côtés d’une femme dans un monde d’hommes. L’ambiance est posée dès l’incipit, que j’ai trouvé génial : sur la place du village sont assemblés ses principaux représentants : forgeron, meunier, leurs fils… Des hommes, des hommes et des hommes, qui attendent Horn pour lui annoncer l’horrible nouvelle : une fille ! Il a eu une fille ! Cette scène où le machisme est poussé à outrance est tout simplement superbe ; elle nous donne à sentir ce qui cloche, mais sans mettre explicitement le doigt dessus.

Puis on découvre Kaelyn elle-même. Jeune fille naïve, sans expérience, et qui pourtant refuse de se conformer au rôle bien insipide réservée aux femmes de son monde. Elle a d’autres ambitions, d’autres rêves, et est bien déterminée à tout faire pour s’empêcher de tomber dans le médiocre et l’ennui.

Sa rencontre avec Hadrian nous fait tomber dans le topos de la relation maître/apprenti, et j’avoue que c’est l’un des points qui laissent à désirer dans ce roman. Le personnage d’Hadrian manque singulièrement de relief ; sa personnalité reste floue tout le long du livre. Décrit comme impassible et inatteignable, il succombe pourtant à une passion dévorante pour Kaelyn, avant de l’écarter d’un revers lorsqu’il souhaite enseigner à cette dernière une amère leçon. Puis d’expliquer que rien de tout cela n’était sincère, et de redevenir protecteur, soucieux et amoureux. C’est difficile de concilier tous ces changements d’attitudes en un caractère unique et compréhensible.

J’ai apprécié l’ambiance de complot et de guerre développée tout au long de l’histoire, avec le thème de la haine de l’autre, et la rhétorique qui pousse des peuples à se faire la guerre. J’ai aussi aimé l’atmosphère orientale de Damnas, la richesse désinvolte des nobles et la description de leurs coutumes sophistiquées. En revanche, la magie n’est mentionnée en tout et pour tout que deux fois dans ce roman, à tel point que j’éprouve beaucoup de difficulté à le classifier ! Ce n’est pas vraiment de la fantasy, pourtant l’histoire se situe dans un monde fictif.

L’action ne manque pas, le suspense non plus, et on est pris au piège des pages qui tournent toutes seules. Je n’ai pas vu passer les quelques 400 pages du roman ! Dévoré en une journée, c’est addictif, efficace et l’écriture est très fluide.

En bref : j’ai beaucoup aimé, même si je reste sur ma faim pour quelques points, notamment le traitement des personnages, peu trop rapide à mon goût. En revanche, les thèmes de la femme dans un monde d’homme ou celui de la haine entre peuples m’ont ravie !!

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