Le mardi sur son 31 #17

Le mardi sur son 31 est un rendez-vous initié par Sophie, sur son blog Les Bavardages de Sophie

Il s’agit de citer un passage de la page 31 du livre que l’on est en train de lire. Une bonne manière de présenter un livre…

Cashore Kristin 1 Graceling

Cette semaine, je vous présente un extrait de Graceling, par Kristin Cashore. Je ne suis pas très impressionnée par ce livre, et même le fait de recopier cet extrait me confirme à quel point je suis peu impressionnée…

Katsa est une jeune fille qui a le don surnaturel de donner la mort à quiconque croise son passage, si elle le décide ainsi. Son oncle, souverain cruel de sa patrie, l’exploite pour terroriser ses sujets. Il vient de l’envoyer rappeler à l’ordre un noble qui n’avait pas respecté un contrat et coupé plus d’arbres que prévu sur les terres royales…

 Katsa se retrouva seule avec le hobereau. Elle le dévisagea. Le teint blême, il semblait prêt à défaillir.

– Asseyez-vous, ordonna-t-elle.

Il se laissa choir sur sa chaise et poussa un gémissement.

– Regardez-moi, dit-elle.

Il jeta un œil furtif sur Katsa puis examina ses mains. C’était un réflexe typique des victimes de Randa. Ils ne parvenaient pas à soutenir le regard de Katsa et surveillaient ses mains avec crainte.

Katsa soupira.

Il ouvrit la bouche, mais seul un croassement en sortit.

– Je n’ai pas entendu, lâcha-t-elle.

Il s’éclaircit la gorge.

– J’ai une famille. J’ai une famille sur qui je dois veiller. Je vous en prie, ne me tuez pas.

– C’est pour le salut de votre famille que vous souhaitez être épargné ?

Une larme roula sur sa barbe.

– Pour le mien aussi. Je ne veux pas mourir.

– Voler trois hectares de forêt au roi ne mérite pas la mort, décréta Katsa. D’autant plus que vous avez consenti à les payer une somme considérable. Non, le châtiment pour ce genre de délit se réduit à l’amputation d’un doigt ou à la fracture d’un bras.

Elle s’approcha de lui et brandit sa dague. Il fixait son repas posé sur un tranchoir tandis que sa respiration s’accélérait. Elle se demandait s’il allait vomir ou sangloter. À sa surprise, il écarta le tranchoir, les couverts et la coupe renversée, puis allongea les bras sur a table, baissa la tête et attendit.

Une vague de lassitude envahit Katsa. Il était facile d’exécuter les ordres du monarque quand un homme pleurait ou la suppliait, offrant ainsi un spectacle qui ne lui inspirait aucun respect. Et Randa se fichait bien de ses forêts. Seuls le pouvoir et l’argent l’intéressaient. En outre, les arbres repoussaient. Les doigts, non.

Elle rengaina sa dague. Il ne lui restait plus qu’à lui briser un bras. Ou une jambe. Ou peut être la clavicule. Mais ses propres membres, soudain lourds comme du polomb, refusaient de se mouvoir.

Le seigneur ne bougeait ni ne parlait. C’était un menteur, un voleur, et un sot.

Katsa ne parvenait pas à s’en indigner.

– Je ne pensais pas que vous étiez aussi courageux, déclara-t-elle.

Puis elle le frappa à la tempe. Il tomba de sa chaise.

Elle quitta la pièce et attendit ses comparses dans le vestibule.

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3 commentaires sur “Le mardi sur son 31 #17

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