Le mardi sur son 31 #11

Le mardi sur son 31 est un rendez-vous initié par Sophie, sur son blog Les Bavardages de Sophie

Il s’agit de citer un passage de la page 31 du livre que l’on est en train de lire. Une bonne manière de présenter un livre…

Delerme Philippe Les eaux troubles du mojito

Cette semaine, je vous présente un extrait des Eaux troubles du mojito… Ce titre délicieux nous donne déjà le frisson, on sent presque la fraîcheur de la glace mêlée à l’âpreté de l’alcool et de la menthe… Le sous-titre, « et autres belles raisons d’habiter sur terre », a achevé de me convaincre d’ouvrir ce livre de Philippe Delerm…

Voilà en peu de lignes, pour vous restituer l’ambiance de ce recueil, un souvenir que partage Monsieur Delerm, l’un de ces petits moments de la vie de tous les jours qui constitue une belle raison d’habiter sur terre.

Pitié pour Assurancetourix !

La dernière image. C’est à la fois toujours la même et toujours une autre. On s’y retrouve. Au centre, un grand feu clair jaillit vers le ciel. Il fait l’ombre plus profonde autour de lui. Une immense tablée l’encercle. Les Gaulois y font joyeuse ripaille. On aperçoit la silhouette ronde et confortable des rôtis de sanglier passablement enveloppés. Quelques traits noirs au-dessus des têtes symbolisent une joyeuse cacophonie. Seul Panoramix, reconnaissable à un bout de barbe blanche, semble faire l’effort de poursuivre un raisonnement serein. Les autres sont là pour exulter, parfois pour danser sur les tables. Au fil des albums, la présence des femmes va en augmentant, comme si un féminisme efficace avait gagné les mœurs gauloises au même rythme que les nôtres, et qu’il fût devenu indécent d’imaginer seulement les épouses en train de faire tourner les broches. À chaque fois, il y a des étoiles au cœur de la nuit. Car il sait faire chaud dans les nuits d’Armorique, ou bien c’est la cervoise qui possède des valeurs calorifiques.

Goscinny Le banquet

Il s’agit d’un superbe exemple de la figure de style qu’on nomme ekphrasis. Et je vous avoue que je suis bien embêtée parce que Robert* ne connaît pas l’ekphrasis.

L’ekphrasis, c’est la description d’une image si réaliste et poétique, qu’on a le sentiment que le tableau émerge du texte, pour se mettre à nous parler… Il y a de nombreux exemples absolument magnifiques d’ekphrasis dans la littérature française.

Si le sujet vous intéresse, je vous renvoie à cette description du Prisonnier, de George de La Tour (aujourd’hui plus connu sous le nom de Job raillé par sa femme) par René Char (il faut descendre un peu sur la page mise en lien).

Mais je pourrais aussi vous parler de Pierrot, de Watteau, décrit par Paul Claudel.

Ou encore d’une porcelaine chinoise par Mallarmé, ou même des fêtes galantes du même Watteau, décrites par Verlaine…

Que de morceaux magnifiques…

* Pour ceux qui n’auraient pas la chance de le connaître par son petit nom, Robert est l’une de mes plus grandes aides dans la rédaction de la plupart des chroniques que vous pouvez lire ici. Avec son copain, Bescherelle.

Publicités

Une réflexion sur “Le mardi sur son 31 #11

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s