Le mardi sur son 31 #2

Le mardi sur son 31 est un rendez-vous initié par Sophie, sur son blog Les Bavardages de Sophie

Il s’agit de citer un passage de la page 31 du livre que l’on est en train de lire. Principe tout simple, mais très sympathique; une bonne manière de présenter un livre.

Mandela Nelson Un long chemin vers la libertéCette semaine, j’ai choisi de citer l’autobiographie de Nelson Mandela, Un Long Chemin vers la liberté. La page 31 de mon édition numérique traitait de la circoncision, j’ai donc décidé de citer le passage situé aux 31%.

C’est un extrait très représentatif du livre dans son ensemble. Il reflète bien son ton général, le caractère posé, réfléchi mais aussi profondément convaincu de son auteur.

« Ma mission consistait à persuader Daliwonga – un homme destiné à jouer un rôle majeur dans la politique du Transkei – de s’opposer à la mise en place des Autorités bantoues. Je ne voulais pas que notre rencontre soit une mise au point, ni même un débat ; je ne voulais aucun discours de tribune, aucun sermon, mais une discussion sérieuse entre des hommes qui avaient à cœur l’intérêt de leur peuple et de leur nation.

[…] Alors que ses préoccupations ne concernaient que sa tribu, j’étais engagé avec ceux qui pensaient à la nation tout entière. Je ne voulais pas compliquer la discussion en y introduisant de grandes théories politiques ; je comptais sur le bon sens et sur notre histoire. […] L’étiquette voulait que j’expose mes arguments le premier sans qu’il m’interrompe ; il me répondrait ensuite et j’écouterais.

[…] Nous avons parlé toute la nuit, mais nos positions ne se sont pas rapprochées. Nous nous sommes quittés quand le soleil se levait. Nous avions pris des routes différentes qui nous dressaient l’un contre l’autre. Ceci m’attristait parce que peu d’hommes m’avaient influencé comme Daliwonga et rien ne m’aurait donné plus de joie que de me battre à ses côtés. Mais cela ne devait pas être. Sur les questions familiales, nous restions amis, mais sur le plan politique nous nous retrouvions dans des camps opposés. »

J’avais envie de citer un passage bien plus long, sans le couper, parce que sa beauté réside aussi dans le déroulé du raisonnement. Je ne l’ai pas fait parce qu’il faut raison garder. Toutefois, si vous souhaitez en lire l’intégralité, je vous invite à consulter le reste de l’article…

« Ma mission consistait à persuader Daliwonga – un homme destiné à jouer un rôle majeur dans la politique du Transkei – de s’opposer à la mise en place des Autorités bantoues. Je ne voulais pas que notre rencontre soit une mise au point, ni même un débat ; je ne voulais aucun discours de tribune, aucun sermon, mais une discussion sérieuse entre des hommes qui avaient à cœur l’intérêt de leur peuple et de leur nation.

A bien des égards, Daliwonga me considérait toujours comme son cadet, en fonction à la fois de mon rang dans la hiérarchie des Thembus mais aussi de mon évolution politique. Si j’étais resté effectivement son cadet dans le premier domaine, je pensais qu’en politique j’avais dépassé mon mentor d’autrefois. Alors que ses préoccupations ne concernaient que sa tribu, j’étais engagé avec ceux qui pensaient à la nation tout entière. Je ne voulais pas compliquer la discussion en y introduisant de grandes théories politiques ; je comptais sur le bon sens et sur notre histoire. […] L’étiquette voulait que j’expose mes arguments le premier sans qu’il m’interrompe ; il me répondrait ensuite et j’écouterais.

Tout d’abord, ai-je dit, le système des Autorités bantoues était inapplicable car de plus en plus d’Africains quittaient les homelands ruraux pour aller dans les villes. Le gouvernement tentait de mettre les Africains dans des enclaves ethniques parce qu’il avait peur de la force de leur unité. Le peuple, ai-je dit, voulait la démocratie et une direction politique basée sur le mérite et non sur la naissance. Les Autorités bantoues étaient un recul par rapport à la démocratie.

Daliwonga m’a répondu qu’il essayait de restaurer le statut de sa maison royale écrasée par les Britanniques. Il a insisté sur l’importance et la vitalité du système tribal et des chefs traditionnels et il refusait de rejeter un système qui contenait ces choses. Lui aussi voulait une Afrique du Sud livre mais il pensait qu’il pouvait atteindre son but plus rapidement et de façon pacifique grâce à la politique du gouvernement de développement séparé. L’ANC, a-t-il dit, allait déclencher un bain de sang et causer de l’amertume. Il a terminé en disant qu’il était étonné et troublé que, malgré ma position dans la maison royale thembu, je en soutienne pas le principe des chefs traditionnels.

Quand Daliwonga eut fini, je lui ai répondu que tout en comprenant très bien sa position personnelle en tant que chef je croyais que ses intérêts étaient en conflit avec ceux de la communauté. Je lui ai dit que si je m’étais trouvé dans une position semblable à la sienne j’aurais essayé de subordonner mes propres intérêts à ceux du peuple. J’ai immédiatement regretté ce que je venais de dire parce que j’avais découvert que, dans les discussions, il ne sert à rien de prendre un ton moralement supérieur à son adversaire. J’ai remarqué que Daliwonga se raidissait et je suis immédiatement passé à des questions d’ordre plus général.

Nous avons parlé toute la nuit, mais nos positions ne se sont pas rapprochées. Nous nous sommes quittés quand le soleil se levait. Nous avions pris des routes différentes qui nous dressaient l’un contre l’autre. Ceci m’attristait parce que peu d’hommes m’avaient influencé comme Daliwonga et rien ne m’aurait donné plus de joie que de me battre à ses côtés. Mais cela ne devait pas être. Sur les questions familiales, nous restions amis, mais sur le plan politique nous nous retrouvions dans des camps opposés. »

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