Les Regrets, de Joachim Du Bellay

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Ce recueil de poèmes a été écrit par Joachim Du Bellay à la suite de son voyage à Rome, qui l’a beaucoup déçu. Quelques-uns d’entre eux sont extrêmement célèbres, comme « Heureux qui comme Ulysse… » ou « Je me ferai savant… ». Cette édition contient également Les Antiquité de Rome et La Défense et Illustration de la Langue française, le manifeste du groupe de la Pleiade.

J’ai commencé ce livre en prévision d’un devoir sur table, mais je l’ai lu avec grand plaisir car tous ces sonnets sont extrêmement beaux.

Après avoir comme toujours sauté la préface, j’ai commencé Les Antiquités de Rome et tout de suite, je me suis aperçue que ces poèmes n’étaient pas aussi compliqués à comprendre que je m’y attendais. Certes, il y a quelques formulations un peu déconcertantes, et il faut parfois s’y reprendre à deux fois pour comprendre une phrase, mais le rythme et les mots sont tous plus beaux les uns que les autres, alors on s’y fait. Le vocabulaire qui a un peu vieilli n’est pas trop compliqué à comprendre (et le latin aide beaucoup…). Il y avait aussi le problème des références mythologiques qui m’embêtait un peu : j’avais peur de passer à côté de beaucoup de choses. Mais finalement, ces allusions ne sont pas si compliquées que ça, ou quand c’est le cas, elles sont expliquées à la fin par des notes. De toute façon, de nombreuses références à des gens de l’époque nous sont devenues impénétrables…  Les Regrets continue sur la même lancée, mais Du Bellay y parle davantage de ses propres sentiments : le titre correspond tout à fait au contenu.

L’atmosphère de nostalgie et de tristesse qui se dégage des Antiquités de Rome m’a beaucoup plu, je l’ai trouvée très émouvante. Les Regrets est un peu plus amer, car au lieu de déplorer les effets du temps qui passe inéluctablement, le recueil parle de ce voyage que Du Bellay a dû faire ,et de son caractère infructueux.

La Défense et Illustration de la Langue française constitue le manifeste du mouvement de la Pléiade. Paradoxalement, car il est rédigé en prose, je l’ai trouvé plus dur à lire que les sonnets. C’est surtout l’usage de temps verbaux un peu archaïques (comme le subjonctif imparfait, utilisé une phrase sur deux) qui m’a frappée dès le début de ma lecture… Quant au fond, c’était amusant de comparer la perception actuelle de notre langue avec celle que Du Bellay décrit. L’ennui, c’est qu’en ouvrant n’importe quel manuel scolaire sur la Pléiade, on en apprend autant, et de façon bien plus claire.

Je suis ensuite revenue sur la préface de Jacques Borel, qui mérite qu’on s’y arrête pour sa finesse. J’ai été ravie de voir que je n’étais pas la seule à ne pas apprécier la prose de la Défense et Illustration : il la qualifie de « vieillie et parfois boursouflée »… Très bien rédigée, elle apporte une compréhension différente et plus approfondie de l’œuvre et du poète, ce qui est toujours intéressant.

Donc, si j’ai trouvé tous les sonnets magnifiques, La Défense et Illustration de la Langue française m’a beaucoup déçue, par rapport à ce que les vers m’avaient amenée à espérer.

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